La plaie (En Hommage aux victimes du 31 août 2016)

© D.R

J’ouvre sur la mémoire le temps déchiré de notre honte
sans écorcher les gênes insipides à évoquer
au vent étouffé des cris féroces ajournés
que la houlette de la tristesse assiège encore

dans le ventre d’une Nation sans exigences
les ombres de la discorde traînent les nerfs
au fil du marasme aigu que la colère tolère
par le mépris de la barbe et les testicules de l’insulte

J’ouvre sur la mémoire les lambeaux de notre nom
souillé par le sang et la morve des déchus
que la mort arrache brave parmi les humiliés
toujours en érection dans la lutte des parures à décapiter

au miroir imbécile des indépendantistes en carton
enterrés sans sueur de sang pour mériter notre démocratie
ceux dont les pantalons ont porté des robes sans déplaire
aujourd’hui et la postérité pissent sur leur repos sans gloire

J’ouvre sur la mémoire les mérites de la lueur
que ni la cécité du cul ni les rubans de mensonges ne généront marchant sur le devoir que les doutes toisent de rires à la porte d’une victoire qui s’ajoute à l’histoire

Au triomphe des martyrs de notre temps
votre mort a payé notre peur face à la haine des chiens qui aboient l’intimidation
vêtus d’admiration et de grandeur
vous êtes la mémoire de ce peuple sans histoire

J’ouvre sur la mémoire la plaie de ces mots insuffisants
transmis aux oiseaux qui défient la fumée du bivouac

Benicien BOUSCHEDY, Le Jardin des Innocents

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