Pape François : «un bon catholique doit se mêler de politique»

Pape François © GMT

Il y a peut-être séparation de pouvoirs entre l’Église et l’Etat mais pas d’antithèse. C’est dans ce sens que le Pape François a, au cours d’une homélie à Sainte-Marthe, invité le chrétien catholique à se mêler de la gestion politique afin d’influencer la bonne gouvernance exigée aux Chefs d’Etats qui, à leurs tours, doivent aimer leur peuple. L’a-t-on compris au Gabon?




Dans l’opinion, plusieurs sont ces personnes qui clament vertement leur divorce avec la politique. Et parmi elles, certains chrétiens qui pensent que la politique est étrangère à leur foi, ignorant qu’elle est avant tout un fait social. Une attitude que le Souverain pontife déplore en invitant la conscience religieuse à se ressaisir. Pour le Pape François le bon catholique «ne doit pas se désintéresser de la politique». Il doit au contraire, «pour le bien de tous, faire son possible pour que le gouvernant gouverne bien, en participant de son mieux à la vie  politique».


Sur le continent, l’implication de l’Eglise catholique en Afrique du Sud au temps de l’Apartheid ou actuellement en République démocratique du Congo dans la crise politique qui sévit dans ce pays, sont, parmi tant d’autres, des leçons sur l’engagement religieux militant pour le bien-être social. «Personne ne peut dire: moi je n’ai rien à voir là-dedans, c’est eux qui gouvernent…», a dit le pape. Car si «nous entendions dire qu’un bon catholique ne se mêle pas de politique, sachez que ce n’est pas vrai, que ce n’est pas le bon chemin à prendre».


Pour l’homme de Dieu, le bon chrétien est celui qui déclare: «je suis responsable de leur manière de gouverner, et je dois faire mon possible pour qu’ils gouvernent bien, je dois faire mon possible en participant de mon mieux à la politique. Donnons le meilleur de nous-mêmes, les idées, les conseils, ce que nous avons de mieux: la prière. Prions pour les dirigeants, pour qu’ils gouvernent bien, et notre pays ira dans la bonne direction, il ira de l’avant, ainsi que monde, pour la paix et le bien commun».

Cependant, pour que les prières chrétiennes participent à la bonne gouvernance, il faut qu’en retour, les gouvernants aiment leur peuple et travaillent pour leur bonheur. C’est pourquoi, le Pape François invite les Chefs-d’Etat à cultiver l’amour et l’humilité: «On ne peut pas  gouverner sans amour et sans humilité à l’égard du peuple ! Et chaque homme, chaque femme qui doit prendre possession d’un service à gouverner, doit se poser ces deux questions: est-ce que j’aime mon peuple, pour mieux le servir? Suis-je humble et suis-je à l’écoute d’opinions autres que les miennes, pour choisir le meilleur chemin?».

Monseigneur Basile Mvé Engone, Archevêque de Libreville, les évêques de Mouila, Mathieu Madega, de Franceville Patrick Iba-Ba, de Port-Gentil Eusébius Chinekezi Ogbonna Managwu, d’Oyem Jean-Vincent Ondo Eyene et le préfet apostolique de makokou Joseph Koerber sont appelés à inviter chrétiens catholiques et gouvernants à revoir leurs positions afin que le Gabon connaisse des meilleurs jours.

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