Les opérations en devises étrangères, un risque majeur pour l’économie gabonaise

Le trésor public gabonais © D.R

Dans un contexte marqué par une situation socio-économique plutôt défavorable, malgré l’optimisme du gouvernement, le Gabon s’apprête à entamer une année 2019 sous haute tension. Ainsi, alors que les partenaires multilatéraux continuent d’huiler la machine économique, à bien des égards la situation est plutôt inconfortable.

Alors que le gouvernement attend impatiemment un appui de près de 200 millions de dollars (115 milliards de Fcfa) de la Banque mondiale pour ce mois de Janvier, et après avoir reçu 60 millions de dollars du Fonds monétaire international (FMI), l’économie gabonaise multiplie les déboires.

Ainsi, si une relative « accalmie » devrait être perceptible à l’entame de cette nouvelle année, la réalité économique est tout autre. En effet, avec une dette publique proche des 5000 milliards de Fcfa qui correspond à 60% du PIB, l’économie gabonaise se traîne une épée de Damoclès au dessus de la tête, à savoir: le risque de change.

Déjà perceptible dès 2014 avec la chute des cours des matières premières, qui a entraîné une chute de  plus de 20% de la valeur des devises africaines, ce risque pourrait s’accentuer un peu plus en 2019. Si les gouvernants, à la fois de la Cémac et du Gabon bottent en touche concernant une possible dévaluation du Fcfa, les restrictions budgétaires imposées par le FMI laissent perplexes.

De plus, les difficultés d’ajustements budgétaires à la fois au Gabon et dans la zone, l’incertitude autour de la sphère politique, et le manque de cohésion des principaux leaders de la zone sur l’attitude commune à adopter, accentuent ces risques. Si le Plan de relance de l’économie (PRE) mis en œuvre par le gouvernement se voulait une solution à cette crise, il est aujourd’hui marqué par « des dérapages budgétaires substantiels ».

Par ailleurs, avec une facture d’importations d’un peu plus de 921 milliards de Fcfa au troisième trimestre 2018, une baisse de 6% de la production pétrolière, et la hausse du coût de la dette, l’économie gabonaise devrait probablement accuser le coup.

En somme, sauf changement de paradigme, la situation économique gabonaise devrait lentement mais sûrement se dégrader au fil des mois et ce malgré les 3,4% de croissance annoncés. Qu’on se le dise, l’émergence à l’horizon 2025 relève à l’heure actuelle, de l’utopie.

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