samedi,31 octobre 2020
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Opération Scorpion : un «acharnement et une instrumentalisation de la justice», selon les Avocats de BLA

Ce sont les mots forts et empreints de gravité choisis par les avocats et conseils de l’ex ministre chargé du Suivi de la stratégie des investissements humains et des Objectifs de développement durable Brice Laccruche Alihanga pour dénoncer la qualité de l’instruction et la teneur de la manifestation de la justice dans l’opération anti-corruption Scorpion qui a vu l’ancien membre du gouvernement être placé en détention préventive à la prison centrale de Libreville ce vendredi 13 décembre 2019. Une position ferme et soutenue rendue publique par le biais d’un communiqué de presse ce samedi 14 décembre 2019 et parvenu à la rédaction de Gabon Media Time. 

Présenté devant le juge d’instruction le vendredi 13 décembre 2019 pour répondre des faits supposés de malversations financières Brice Laccruche Alihanga au terme de son audition a été placé sous mandat de dépôt et écroué à la prison centrale comme le soutiennent ses avocats en tête desquels Anges Kevin Nzigou. « Dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 décembre 2019 monsieur Brice Laccruche Alihanga a été placé en détention préventive pour trois informations judiciaires ouvertes pour les mêmes chefs d’accusation à savoir : détournement de fonds publics, blanchiment et association de malfaiteurs » ont-ils rappelé. 

L’occasion pour Anges Kevin Nzigou et ses confrères de  souligner avec un zeste de désolation, la particularité de cette instruction qui fait le lit à l’acharnement  et qui trace le sillon de l’immixtion du pouvoir exécutif dans le pouvoir judiciaire, violation manifeste du principe élémentaire de séparation des pouvoirs. « Cette multiplication d’informations pour la même incrimination, à l’occasion de la même enquête préliminaire, trahit l’acharnement judiciaire contre notre client et marque la volonté d’instrumentalisation de la justice à des fins politiques inavouées » ont-ils dénoncé.

Les avocats de la défense de Brice Laccruche Alihanga se sont interrogés sur la légalité d’une inculpation pour « des faits de détournements de fonds publics »  sans que le parquet n’expose avec exactitude les éléments matériels susceptibles de faire consommer l’infraction de détournement conscient de ce que le prévenu n’occupe aucune fonction susceptible de faciliter toute manoeuvre visant à distraire les deniers publics. «  Comment peut-on sérieusement inculper une personne pour des faits de détournement de fonds publics sans indiquer les faits ni le procédé de ce détournement, sachant qu’elle n’est ni comptable public ni ordonnateur de crédit et ne détient aucun pouvoir pour engager les dépenses publiques? ». Une question pertinente posée au parquet et aux yeux de l’opinion à laquelle sont invités à répondre les juges ayant instruit ce dossier.  

Soucieux de mettre à nu tous les vices et le caractère partial desquels transpirent l’opération Scorpion, Me Anges Kevin Nzigou et Me Pie Makanga ont mis les pieds dans le plat en dénonçant une « volonté manifeste de régler les comptes ». Une volonté portée par une  « procédure inique » appuyée par les médias d’Etat dont l’objectif était «  l’humiliation à son paroxysme en admettant la presse présidentielle au sein du palais de justice et de la prison, afin de filmer à 01h du matin des personnes qui ont occupé de hautes fonctions menottées » au mépris des droits à l’image corollaire du droit au respect de la vie privée.  

Abondant dans la thèse du règlement de comptes, les avocats du Directeur de cabinet politique du Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba ont dévoilé selon la lecture qui est la leur, les véritables visées de l’opération Scorpion qui serait  investie du dessein « d’écarter du jeu politique et de la scène publique des personnes en délicatesse avec leur propre camp politique » en se servant de l’opinion et usant de façon détournée du « manteau de la justice et au mépris de la loi » ont-il conclu. 

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Pharel Boukikahttp://gabonmediatime.com/
Titulaire d'une Licence en Communication, d'une Licence en Economie et Gestion et d'un Master en droit Privé, mon appétence pour le journalisme est mise en exergue au quotidien à travers mes analyses sur Gabon Media Time dont je suis le Rédacteur en Chef.
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