Opération scorpion : Tony Ondo Mba, victime de torture psychologique ?

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L'ancien ministre Tony Ondo Mba Dodo accompagné du SG du PDG Éric Dodo Bounguendza © D.R.

Interpellé le mardi 03 décembre 2019 aux abords de l’Assemblée nationale par des éléments de force de sécurité et de défense, puis gardé à vue jusqu’à présent à la Direction générale des recherches (DGR) de la Gendarmerie nationale, les conditions de détention de Tony Ondo Mba, aux dires de ses proches, seraient de plus en plus difficiles et flirteraient avec ce qu’ils qualifient de torture psychologique.


Soupçonné de complicité de détournement de fonds, concussion et de blanchiment de capitaux, l’élu du siège unique de la commune de Bitam est depuis près de 10 jours détenu dans les geôles de la Direction générale des recherches. Une détention qui s’inscrit dans le cadre de l’opération anticorruption « Scorpion » et qui depuis le mois dernier à conduit à l’interpellation de plusieurs hauts cadres d’entreprises publiques et parapubliques, proches de l’ancien Directeur de cabinet du président de la République Brice Laccruche Alihanga. 

Si la garde à vue peut selon les dispositions de l’article 66 alinéa premier la Loi n°043/2018 du 5 juillet 2019 portant Code de procédure pénale « être prolongée d’un nouveau délais de 8 jours au plus par décision écrite du procureur de la République », cette exception au principe de la durée légale de la garde à vue n’est possible qu’en cas de flagrant délit. Par ailleurs, les conditions de détention et même d’audition de Tony Ondo Mba poseraient problème au dire de plusieurs de ses proches.  

Selon une source familiale, l’élu de Bitam ferait l’objet de torture  psychologique qui aurait eu ces derniers jours des conséquences sur sa santé. « Depuis hier (lundi 09 décembre, NDLR) ils l’ont placé en isolement. Il fait une hausse de tension, il est dans le noir dans les conditions que nous connaissons tous, dans un endroit où les droits de l’Homme sont bafoués. Ils le torturent psychologiquement et là il est malade. Il est en cellule dans le noir, torse nu, il ne se lave pas et actuellement il est malade », nous a-t-elle confié.

Une situation pour le moins incompréhensible, alors que les dispositions légales font obligations aux agents des forces de sécurité et de défense de veiller à la bonne santé du gardé à vue. « Toute la durée de la garde à vue, il est fait obligation d’entretenir la personne en parfait état de nutrition et d’hygiène », précise l’alinéa 3 de l’article 56 du Code de procédure pénale.

 

« Sur les supposés détournements, le dossier est  vide. Pour le moment ils n’ont aucune preuve de ce qu’ils avancent, tout ce qu’ils ont demandé a été justifié par les personnes concernées notamment à la Société d’energie et d’eau du Gabon et chez le TPG », nous a également confié un ancien collaborateur de Tony Ondo Mba.

D’ailleurs, cette position dénoncée par les proches de Tony Ondo Mba, rejoint celle du Barreau du Gabon, qui dans une déclaration rendu publique ce 10 décembre 2019 à l’occasion de la Journée mondiale des Droits de l’Homme a tenu à rappeler au gouvernement la nécessité du respect les droits fondamentaux dus aux prévenus pendant leur garde à vue, notamment le droit à l’assistance par un avocat, le droit à la santé ou encore le droit au respect des délais de la garde à vue prévus par le Code de procédure pénale.

 

Par ailleurs dans le cadre de la mise en examen de l’élu de Bitam, une autre source proche du dossier révèle qu’il est reproché d’avoir utilisé « l’article 47 de la Convention de concession qui permet au ministère de recevoir de l’argent de la Société d’énergie et d’eau du Gabon pour la réalisation des études et du suivi des travaux effectué par cette société ». Il faut également  souligner que Tony Ondo Mba, et les ses anciens collègues ministres Noel Mboumba, Roger Owono Mba et Brice Laccruche Alihanga sont également en garde à vue à la DGR en attendant d’être présentés devant le juge d’instruction. 

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