mardi,27 octobre 2020
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Opération «Scorpion» : Nkoghe Bekale victime de ses propres turpitudes, doit-il démissionner? 

A coup de communication et de déclaration vertueuses, le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale a revêtu les habits de l’apôtre de la lutte contre l’enrichissement illicite en intimant l’ordre à tous les hauts cadres de la République à lui emboîter le pas en rendant effective leur déclaration de biens. En chantre de la bonne gouvernance, il s’est lui-même rendu à la Commission nationale de la lutte contre l’enrichissement illicite (Cnlcei) pour y faire sa déclaration le mardi 19 novembre dernier. Dans cette comédie de Tartuffe, le Chef du gouvernement conscient qu’il agissait en toute illégalité, a servi à l’opinion cette déclaration de façade empreinte d’une volonté de flouter leur discernement. Une mise en scène à travers laquelle, il se déjuge et se désavoue, de son propre fait. 

L’opération « Scorpion » a semble-t-il fait prendre conscience au numéro deux de l’exécutif Julien Nkoghe Bekale, que la loi oblige, sinon impose que les membres de l’équipe gouvernementale rendent publique auprès de la Commission nationale de la lutte contre l’enrichissement illicite (Cnlcei), leur déclaration de biens. Tout porte à croire que sans cette vaste opération d’interpellations consécutives à des « détournements de fonds et de blanchiment massifs », le Premier ministre ne se serait certainement pas soumis à cette exigence légale et républicaine.  Puisqu’il ne s’y soumet que plus de 10 mois après sa prise de fonction à la Primature. 

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D’ailleurs, cet état de fait ne saurait être une fallacieuse présomption puisque Julien Nkoghe Bekale a effectué cette déclaration en toute irrégularité en violant la Loi N°002/2003, instituant le régime de prévention et de répression de l’enrichissement illicite en République gabonaise. En effet, l’article 22 de ladite loi dispose que « toute personne nommée ou élue aux hautes fonctions de l’Etat qui ne soumet pas sa déclaration de fortune dans un délai de 3 mois doit être  » sans préjudice des autres sanctions, démis de ses fonctions ».

Le respect du délai de 3 mois est une exigence, mieux une obligation. Les faits nous enseignent que Julien Nkoghe Bekale, a été nommé à la Primature le 12 janvier 2019. Il était donc tenu jusqu’au 11 avril 2019, date butoire,  à faire sa déclaration de fortune. N’ayant pas satisfait aux exigences de la Loi N°002/2003, instituant le régime de prévention et de répression de l’enrichissement illicite en République gabonaise en son article 22, le Premier ministre, Chef du Gouvernement s’expose inéluctablement aux préconisations de l’article précité, à savoir son renoncement ou sa démission à la fonction de Premier ministre.  

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« C’est l’impunité qui compromet, le plus, le développement et le progrès de notre pays », cette tirade de Julien Nkoghe Bekale porte en son sein les germes, à, première vue, d’une volonté manifeste de bouter l’impunité hors des hautes sphères de la République. C’est une approche noble, elle est saine et belle soit,  mais l’auteur compte t-il appliquer et respecter l’essence et le principe même de sa déclaration ? 

Julien Nkoghe Bekale en violant manifestement les lois de la République dont il s’est fait pourtant le chansonnier s’est lamentablement dédit, décrédibilisant par là même, l’image de Chef de file de l’équipe gouvernementale qu’il s’est battu à faire promouvoir auprès de l’opinion. Prétendre du contraire, c’est consacrer l’idée selon laquelle, celui qui dirige la politique globale de la Nation méconnaît outrageusement les textes de la République. 

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Dans les deux cas, Julien Nkoghe Bekale, dont on présumait à l’aune du remaniement ministériel du  7 novembre 2019, un retour en grâce, semble déjouer, allant d’une bourde à l’autre, se mêlant les pinceaux et fragilisant par dessus tout, son fauteuil du boulevard Jean Paul 2. Car nulle doute qu’un Chef qui en plus de ne pas respecter les lois de la république, se trompe systématiquement dans le choix de ses collaborateurs, fait preuve d’un manque de discernement accru. 

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Henriette Lembethttp://gabonmediatime.com/
Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...
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