mercredi,28 octobre 2020
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Opération Scorpion : Nkoghe Bekale, 1er fonctionnaire de l’Etat comptable des détournements ?

L’agitation autour des arrestations des ex « tout puissants » directeurs des régies financières et hauts commis de l’Etat a eu pour effet, sans grandes surprise, de cristalliser l’opinion et de contraindre certaines personnalités à sortir de leur réserve. Dans tout ce capharnaüm, un homme en l’occurrence le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale, semble  insidieusement vouloir, par une opération de communication savamment organisée, tirer avantage de cette situation. Pourtant, de part ses attributions en tant que chef du gouvernement et donc premier fonctionnaire de l’Etat, il ne peut entièrement s’affranchir de tout ce désordre perpétré au sommet de l’Etat. 

L’article 29 de notre Loi fondamentale consacre les prérogatives du Premier ministre, Chef du gouvernement en République gabonaise. Elle enseigne entre autres que, de part sa fonction, Julien Nkoghe Bekale « dirige l’action du gouvernement et, à ce titre, fixe en principe les orientations politiques essentielles du président de la République », en même temps, « qu’il assure l’exécution des lois, exerce le pouvoir réglementaire et nomme aux emplois civils et militaires ». Il est donc, à la lumière desdites prérogatives, celui qui entreprend, fait  le choix et valide en sus, les hommes censés conduire pertinemment, la politique globale du Chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba.

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Le calme dont fait montre Julien Nkoghe Bekale depuis ces bouleversements, ajouté à sa brusque hyperactivité, ce retour en grâce, et cette attitude contre nature visant à se muer en chef de file autoritaire,  donnent l’image d’un homme calme, revenu au devant de la scène, et qui par dessus tout, semble ne rien craindre de personne. Mais, ne vous y fiez pas. C’est une hérésie que d’avoir une telle approche et c’est une erreur que de vouloir abreuver l’opinion de cette fallacieuse vérité. 

Le Premier ministre Chef du gouvernement sous le coup de l’euphorie, l’a peut être oublié, mais Constitutionnellement, Julien Nkoghe Bekale est responsable de son administration et de son gouvernement, y compris des bilans et actes de ces hauts commis de l’Etat, qu’il a nommés et/ou adoubés en vertu de l’article 29 de notre Constitution. Comment peut-on interpeller, puis emprisonner autant de directeurs généraux sur la base des faits que l’on sait, sans à un moment, évoquer la responsabilité du Premier ministre ? 

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Si ces différents coups de filet opérés par les agents des forces de l’ordre et de défense ont à ce point fait caqueter, c’est aussi en raison de  la proximité attestée des présumés criminels financiers avec Brice Laccruche Alihanga et de leur appartenance confirmée, à l’Association des jeunes émergents volontaires dont le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale, n’est autre que le Président d’honneur. 

Les attaches idéologiques, les liens et les accointances avec ces membres de l’Ajev placés en garde à vue, sont si étroits, si exigus, que l’homme fort de Ntoum, ne peut de quelque façon que ce soit, se départir en totalité des actes posés par ses propre « poulains ». Conscient de cet état de fait, pourquoi se vautre t-il incrédule, dans cet angélisme de fortune ? Veut-il faire croire à l’opinion qu’il n’a ni été informé, ni eu échos d’un tel réseau de blanchiment d’argent et d’une telle gabegie au sein des régies financières ? 

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Le mercredi 20 novembre dernier, à la faveur d’une déclaration, Julien Nkoghe Bekale s’est présenté seul, nuitamment devant les Gabonais et s’est posé en chantre de la bonne gouvernance et de lutte contre l’enrichissement illicite.  Condamnant presque de façon fantasque et irrésolue les auteurs des détournements de fonds dont les faits ont été récemment confirmés par le procureur de la République Olivier N’Zahou

Au delà de cette réaction tardive du gouvernement, il y a lieu de nous interroger sur la régularité de la procédure mise en place par celui-ci dans le but de trouver un épilogue à cette affaire. Supposons que le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale ait saisi pour l’occasion, le Procureur de la République Olivier N’Zahou.  

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Pour mettre en branle les mécanismes judiciaires, il eut fallu que le parquet ait en sa possession des éléments probants permettant d’établir une présomption de délit ou de crime. Présomption que seule une mission d’audit constatant de façon effective, les malversations financières aurait pu révéler. Cette mission a t-elle été effective? Il est difficile de le penser. Nul doute que le gouvernement aurait communiqué sur cette action si elle avait été mise en place. 

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En conclusion, Julien Nkoghe Bekale,  pense s’acheter une tranquillité en usant de divers stratagèmes visant à repousser loin de la conscience des Gabonais, cette présomption de faute et de comptabilité sur ce sujet de malversations financières qui lui colle à la peau. C’est d’ailleurs l’avis d’un fonctionnaire de la primature qui a requis l’anonymat. 

«  Nkoghe Bekale est trop à l’aise alors que sur le papier il est le premier responsable de tout ce désordre. Si ces gens interpellés répondaient de Brice Laccruche Alihanga, alors ça remet en question son autorité et son leadership. S’ils ont fait ce dont on les accuse d’eux- mêmes, alors c’est encore là des mauvais choix du Premier ministre,  qui a mal choisi les gens de son administration. Dans les deux cas, Il ne s’en sort pas », a t- Il déclaré. 

Un autre visiblement remonté pour montrer la proximité et surtout la compromission aux référents des personnalités aujourd’hui interpellée explique, « Nkoghe Bekale,  était de ceux qui ont adoubé Brice Laccruche Alihanga. On l’a bien vu, tout Premier ministre qu’il est, dans ce simulacre de cérémonie traditionnelle en présence de Dieudonné Berre, toute honte bue, tenir la torche indigène et la remettre ensuite à BLA ». 

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Plus radicaux, certains exigent même du Premier ministre qu’il remette son tablier,  « Pour moi, il doit démissionner car c’est lui qui avait nommé chacun de ces voleurs dans leurs fonctions. S’il était un peu sérieux, il déposerait sa démission même à 00h » a confié à GMT un fonctionnaire de la primature.

Nonobstant toute cette activité et cette  volonté de retourner l’opinion à son avantage Julien Nkoghe Bekale se heurte aux traces indélébiles laissées par sa gestion antérieure au dernier remaniement ministériel du 7 novembre 2019. Et même avec toute cette volonté, la sortie et les propos du Premier ministre sont creux et sont incomplets, comme frappés du sceau de la platitude. 

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Pharel Boukikahttp://gabonmediatime.com/
Titulaire d'une Licence en Communication, d'une Licence en Economie et Gestion et d'un Master en droit Privé, mon appétence pour le journalisme est mise en exergue au quotidien à travers mes analyses sur Gabon Media Time dont je suis le Rédacteur en Chef.
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