lundi,3 août 2020
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Opération scorpion : lutte contre la corruption ou chasse à l’homme des «BLA-Boys»

Les arrestations surprises et coïncidentes des directeurs généraux d’établissement publics et parapublics pour malversations financières et blanchiment de fonds tiennent en haleine depuis plusieurs semaines l’opinion gabonaise. S’il est évident que les Gabonais dans leur majorité se réjouissent de ces interpellations qui visent à faire la lumière sur les suspicions soulevées, ils n’ont pas manqué d’observer que toutes les personnalités interpellées, jusqu’à lors sont des proches de l’ancien Directeur de cabinet Brice Laccruche Alihanga. Lesquelles ont toutes  en partage leur appartenance au Parti démocratique gabonais (PDG) et leur militantisme au sein de l’Association des jeunes émergents volontaires (Ajev).  

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Renaud Allogho Akoue directeur général (DG) de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), Ismaēl Ondias Souna DG de la Société équatoriale des mines ( SEM), Jeremy Ayong ADGA de la Gabon Oil Marketing, Herman Nzoundou Bignoumba, Administrateur directeur général de la Caisse de dépôts et consignations (CDC), Patrichi Tanasa Mbadinga DG de la Gabon Oil Company (GOC) et récemment Ike Ngounie porte parole de la Présidence de la République, puis Arsène Nkoghe député du 5ème arrondissement de Libreville. 

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C’est là une liste non exhaustive des personnalités politiques ou chefs d’entreprises qui ont fait l’objet d’interpellations d’auditions ou  auprès de la Direction générale des recherches (DGR) ou auprès de la Direction générale des contre-ingérences et de la sécurité militaire, communément appelée B2 dans le cadre de l’opération « Scorpion ». Ces responsables de l’administration publique auraient selon l’ex procureur de la république auprès du tribunal de première instance de Libreville, Olivier N’zahou, détourné des fonds et développé un « réseau de blanchiment massif »

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Les faits qui leur sont reprochés  sont d’une extrême gravité, certes. S’ils en sont vraiment les auteurs, alors que les lois s’appliquent et qu’ils soient en conséquence condamnés aux peines prévues à cet effet. Mais seulement s’ils sont vraiment coupables et non simplement victimes d’une machination aux relents de règlement de comptes, le tout empreint d’une volonté de combattre une personne en s’attaquant systématiquement à ses lieutenants. Car oui, et ce constat n’a pas échappé à l’opinion, les personnalités interpellées sont toutes ou presque des « BLA-Boys », du nom des proches et intimes collaborateurs de l’ex Directeur de cabinet du Président de la République, Brice Laccruche Alihanga.  

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De Christian Patrichi Tanasa en passant par Ismael Ondias Souna, Herman Nzoundou Bignoumba ou Renaud Allogho Akoue tous sont des membres éminemment importants de l’Association des jeunes émergents volontaires ( Ajev). Pour l’illustrer, Ismaele Ondias Souna en est même le vice président. Une vague d’arrestations qui n’est pas sans rappeler l’opération dite  « mamba » lancée en janvier 2017 à gros coup de communication pour mettre sous l’éteignoir les lieutenants de Maixent Accrombessi, l’ex omnipotent Directeur de cabinet du président de la République (DCPR). 

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Dieudonné Ngoubou, Magloire Ngambia, Blaise Wada ou encore Grégoire Biyamas accusés respectivement d’avoir détourné, 5 milliards, 500 milliards, 1,7 milliard et 23 milliards avaient été déférés à la prison centrale pour  « détournement de deniers publics et faux en écriture publique ». Une opération du reste qui avait accouché d’une souris car montée essentiellement dans une optique de règlement de comptes. Espérons que cette surmédiatisation de l’opération en cours ne soit pas qu’une poudre de perlinpinpin lancée à nouveau, et comme d’ordinaire sur l’opinion, dans l’unique but de jeter l’anathème sur l’autre ex omniprésent DCPR auteur de la célèbre tirade « Qui boude, bouge ».      

José Artur disait que « Casser le thermomètre n’est pas la meilleure façon de faire baisser la fièvre ». Dit autrement, lancer une opération dite de lutte contre la corruption et les malversations financières avec pour seule intention de régler des comptes, ne trouvera pas un épilogue à ce mal dont le président s’est dit lui-même résolu à combattre. En agissant de la sorte, on ne fait que « Casser le thermomètre…» par ces arrestations spectaculaires, tout en laissant la « fièvre » perdurer, car en menant une telle procédure visant exclusivement à nuire à Brice Laccruche Alihanga, par l’entremise de ses proches, on ne combat pas, dans le fond, le fléau de la corruption et des détournements. 

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Mouss Gmt
Pharel Boukikahttp://gabonmediatime.com/
Titulaire d'une Licence en Communication, d'une Licence en Economie et Gestion et d'un Master en droit Privé, mon appétence pour le journalisme est mise en exergue au quotidien à travers mes analyses sur Gabon Media Time dont je suis le Rédacteur en Chef.
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