Opération Mamba : le colonel Arsène Emvahou cible des mis en cause ?

En médaillon, le colonel Arsène Emvahou, Aide camp d'Ali Bongo © GMT

Présenté dans la presse nationale et internationale comme l’homme lige d’Ali Bongo, et faisant l’objet de nombreux fantasmes dans l’opinion, le colonel Arsène Emvahou, 45 ans serait désormais la cible de nombreuses personnalités proches du pouvoir. L’homme qui parlait à l’oreille du Chef de l’Etat, certains évoquent même son implication personnel dans la mise en place de l’opération Mamba qui a vu l’interpellation de plusieurs hauts cadres, ne serait plus en odeur de sainteté au sein de l’entourage présidentiel.

Selon des informations relayées par l’hebdomadaire Le Mbandja, cet officier originaire de Moanda dans la province du Haut-Ogooué, a été formé à l’école militaire royale de Belgique. D’abord rattaché à la sécurité rapprochée d’Omar Bongo, il est vite repéré par Ali Bongo après l’élection de 2009. L’homme qui a la réputation d’être très discret verra son influence grandir au fil des années, il est d’ailleurs très apprécié par son patron et l’ancien directeur de cabinet, Maixent Accrombessi de part sa formation et sa compétence.

Sauf que quelques temps après, une forme de cabale aurait été lancée contre l’officier, cela aurait commencé avec une altercation avec l’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo qui aurait refusé de décaisser de l’argent lors de la campagne présidentielle. «Accrombessi parti, arrive un Téké de Haut-Ogooué l’ancien gouverneur de l’Ogooué-Maritime, Martin Boguikouma. Il semble que les rapports entre les deux hommes auraient été exécrables. Boguikouma serait-il au cœur des fuites médiatiques sur le colonel ? Difficile à répondre, mais au palais, certaines personnalités le pensent, au point qu’on affirme même que c’est l’une des raisons qui aurait été au cœur du limogeage du dircab téké d’Ali, à côté de la gestion d’argent de fond qu’avait aussi bien le colonel que le dircab», pense savoir Le Mbandja.

Pis, dans un article paru dans la très renseignée Lettre du Continent, le jeune colonel est mis à l’index dans le dossier Mamba, certains voient en lui l’artisan de cette opération qui plane au dessus de la tête de certains responsables comme une épée de Damocles. Ce qui expliquerait dès lors les fuites observées ces dernières semaines. Pire certaines informations distillées ça et là le mettraient également en cause dans la gestion des fonds de la présidence;

«Dans le feu, l’article de la Lettre du Continent est un vrai tir de Sniper. Présenté comme l’homme qui pilote Mamba au palais, Emvahou est devenu l’ennemi public numéro 1 de toutes les victimes directes et collatérales de Mamba. (…) Pour en faire un sujet d’opprobre, on ne s’y serait pas pris autrement. Des faits le jetant ainsi dans la cour, on en fabrique au jeune colonel un joli parc national d’ennemis jusque dans sa propre communauté», rapportent nos confrères.

Par ailleurs, on se demande désormais d’où pourrait venir ses tires groupés contre le colonel, certains y voient l’oeuvre de l’ex directeur de cabinet, Martin Boguikouma, où même des personnalités se trouvant dans l’oeil du cyclone de l’opération Mamba. «Des sources dignes de foi au palais, ont rapportés que ce n’est plus la même sérénité au palais pour Emvahou à qui on aurait coupé la gestion du grisbi présidentiel. On rapporte que la liste de ses inimitiés se serait rallongée au point que son scalp est presque acquis par ses nouveaux ennemis. Ces derniers, pour en arriver là, auraient convaincu le chef que celui qui veille sur sa sécurité se serait un peu trop amusé avec le gain de la maison présidentielle», conclut l’hebdomadaire.

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