Opération «Justice fiscale» : auditions à la va vite des bénéficiaires

Des responsables de la DGI lors de la conférence de presse sur le lancement de l’opération « Justice fiscale » © D.R

Lancée en grande pompe le 5 février dernier, l’opération «Justice fiscale» qui visait de faire l’état des lieux des avantages fiscaux octroyés aux opérateurs économiques, suscite beaucoup d’interrogations quant à la phase d’audition des 104 entreprises concernées. La Direction générale des Impôts s’est donnée seulement 4 jours pour réaliser cette opération, une légèreté qui ne manquera pas sans doute de créer un peu plus de réticence au résultat qui devrait sortir de ces auditions.



Dans l’optique de faire l’économie des avantages accordés à 104 entreprises, la Direction générale des impôts n’a prévu que 4 jours pour auditionner les concernées; soit 26 entreprises par jour. Une révélation qui démontre encore une fois de plus la légèreté avec laquelle la DGI entend mener cette opération qui devrait pourtant permettre de réaliser des économies substantielles pour le pays.

Pour rappel, lors de la conférence de presse qui annonçait le lancement de cette opération, l’opinion s’était montrée quelque peu dubitative quant à l’exposé «partiel et sans consistance» des responsables de la DGI. Pis, lorsqu’on parcourt la liste des entreprises bénéficiaires composée d’entreprises tel que Acciona, CFAO Technologie, EGCA, Kabi BTP, Socoba, Colas, Ceddex, Faco Construction, GZEZ Mineral port, Sobamo BTP, Cimaf, Seteg, Temania, Sobea, Sinohydro, Vamed, Sobea, la SNI, W2MG Consulting, cela suscite encore plus d’interrogations; certaines ayant des liens très privilégiés avec l’Exécutif.

Ainsi, un cas assez particulier a attiré l’attention de nos confrères d’Echos du Nord, en l’occurrence le cas de la «PME W2MG qui fait dans l’événementiel, la location du personnel, l’assistance aéroportuaire et la logistique. On se voit très mal en quoi cette entreprise peut bénéficier d’un régime fiscal particulier et surtout ce qu’elle a bien pu promettre comme investissement en retour à l’Etat au regard de ses activités disparates».

Autre fait et non des moindres, l’opinion doute de la capacité de la Direction générale des impôts à démêler le noeud gordien de certaines entreprises avec la holding Delta synergie appartenant à la famille du chef de l’Etat actuel. Des observations qui laissent dès lors planer le doute sur le résultat que pourra produire cette opération, donnant l’impression d’un déjà vu avec l’opération «Aigle Douanes».

Laissez votre commentaire