jeudi,27 janvier 2022
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Obligation vaccinale: Ali Bongo désavoué par ses ministres ?

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À l’instar de la France et d’autres pays occidentaux, le Gabon s’apprête à rendre de manière insidieuse la vaccination Covid-19 obligatoire. En effet, le Lambert Noël Matha, Guy Patrick Obiang Ndong et Rose Christiane Ossouka Raponda devraient conditionner l’accès aux lieux publics par la présentation du carnet de vaccination à compter du 15 décembre prochain alors même que le Chef de l’État Ali Bongo Ondimba a formellement interdit cette atteinte aux libertés fondamentales.

C’est désormais un secret de polichinelle, la vaccination contre le Coronavirus sera obligatoire à compter du 15 décembre 2021. Cette annonce faite par les ministres de la Santé et de l’Intérieur viserait à lutter efficacement contre la propagation dudit virus sur le territoire national. Seulement, étayée par le Chef du gouvernement, Rose Christiane Ossouka Raponda, cette mesure revêt d’emblée un caractère arbitraire et attentatoire à l’autorité du Président de la République gabonaise Ali Bongo Ondimba.

Vers l’obligation vaccinale ?

Suivant le parcours de la propagation de la maladie, le vaccin contre la Covi-19 est en train d’être insidieusement et progressivement obligatoire pour les pays tel le Gabon. Au mois de mai dernier, le ministre de la Défense Michael Moussa-Adamo annonçait que la vaccination ne se heurte à aucune liberté au sein des corps armés. « Pour les forces de l’ordre, le choix du vaccin ne se pose pas, il est obligatoire », avait-il déclaré.

Il n’en fallait pas plus pour que le ministre des Eaux et forêts, l’Anglais Lee White, s’y arcboute pour contraindre ses agents à cette vaccination pour espérer participer à des missions de travail à l’intérieur du pays. Même son de cloche chez l’opérateur économique Total Gabon qui a imposé le pass vaccinal à son personnel pour accéder à ses sites pétroliers. 

Une mesure illégale et attentatoire

En rendant obligatoire la vaccination, le gouvernement gabonais viole allégrement le Code du travail en vigueur. Lequel consacre la sacralité du travail en l’article 3 qui dispose que « le travail est une source de valeur ; il exige que les libertés et la dignité de celui qui l’exerce soient respectées ». Or en contraignant les employés Total et l’ensemble des entités privées qui s’y adonnent foulent aux pieds ces recommandations.

D’ailleurs, fins connaisseurs de la virulence des variants, les agents publics affiliés au  Syndicat national des personnels de santé et assimilés (Synapsa) ont rappelé le principe d’inviolabilité des libertés individuelles quand il s’agit des remèdes expérimentaux. « Cette démarche est une violation flagrante du Pacte international des droits politiques et civils qui stipule qu’aucun traitement ne peut être administré à une personne sans son consentement », avait déclaré Gustave Boukoumou lgassela, le président dudit syndicat.

Un désaveu assumé envers Ali Bongo Ondimba

Aux prémices de la maladie sur le territoire national, les populations se sont montrées résilientes vis-à-vis des mesures tous azimuts prises par le gouvernement et ce, dans un contexte de psychose sociale exponentielle où la Covid-19 était devenue plus dangereuse que les pires contagions. Seulement, au fil du temps les travaux scientifiques ont révélé qu’il suffirait d’accentuer la sensibilisation pour que les populations s’imprègnent des gestes barrières, seul gage de prévention.

Le vaccin vanté comme la solution miracle souffrait de sa propre réputation. En ce sens qu’aussitôt mis sur le marché, son efficacité a été relative. Puisqu’il ne servirait qu’à réduire les effets graves du virus. Les vaccinés peuvent toujours être contaminés et contaminer autrui. Une réalité qui a poussé le Chef de l’État Ali Bongo Ondimba à se raviser en déclarant que ces vaccins ne sont pas obligatoires.

« Gabonais, Gabonaises, je tiens à rappeler que le vaccin n’est nullement obligatoire », avait-il indiqué au soir du 22 mars 2021 lors de son adresse à la nation. Est-ce à dire que Rose Christiane Ossouka Raponda considère ses ministres comme une autorité supérieure à celle du Président de la République au point de fouler aux pieds ses recommandations ? C’est en tout cas ce qui se dessine. Les députés auront beau s’opposer à cette mesure par un rejet unanime, le Dr. Guy Patrick Obiang Ndong et Lambert-Noël Matha semblent eux déterminés à mener à bien leur vil dessein.

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Lyonnel Mbeng Essonehttps://www.gabonmediatime.com
Journaliste Reporter (Société - Justice - Faits divers )
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