Ntoutoume Ayi: «je trouve dangereux qu’Ali Bongo puisse dire que la jeunesse coûte cher»

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi © GMT

Lancée il y a déjà plusieurs semaines, la série de causeries organisée à l’initiative du commissaire national en charge du Budget de l’Union nationale s’est déportée le samedi 18 août dernier au quartier Angondjé, au lieu-dit Sherko. Au cours de cette rencontre l’ancien porte-parole de Jean Ping n’a pas manqué de critiquer le discours à la nation prononcé par le chef de l’Etat Ali Bongo, allocution qui a surpris par son caractère très offensif à l’égard d’une frange de la société.



La rencontre avec les populations de cette circonscription était l’occasion choisie par Jean Gaspard Ntoutoume Ayi pour évoquer quelque peu sur le discours prononcé à l’occasion de la fête de l’indépendance par Ali Bongo. A cet effet, il a fait remarquer qu’effectivement il était bien pour ce dernier de reconnaître que le pays traverse une situation catastrophique, mais qu’après 9 ans passés à la tête de l’Etat, il aurait été bien également pour lui de reconnaître qu’il avait une part de responsabilité.

Pour le leader politique, cette sortie a été l’opportunité pour le président de désigner des bouc-émissaires à sa mal gouvernance puisqu’il a profité de cette occasion pour pointer du doigt les médecins, les enseignants ou les magistrats désignant ceux-ci comme ses ennemis. Une position incompréhensible que Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a qualifié d’intolérable au moment de la célébration de l’indépendance du Gabon. «Comment peut-on les désigner comme des ennemis du pays? Le jour de la fête nationale, le jour où les Gabonais sont censés taire leurs  palabres, c’est ce jourlà que le courageux est venu nous désigner ses ennemis», a-t-il regretté.

Il a relevé devant l’assistance que la position adoptée par Ali Bongo lors de cette allocution était loin de l’image du chef d’Etat qu’il devrait incarner et que ses compatriotes qu’il accuse de tous les péchés d’Israël aujourd’hui sont des acteurs essentiels pour le développement du pays.  

Dans la même lignée, il a également fustigé les propos accusateurs à l’égard des élèves et étudiants gabonais par le chef de l’Etat. «Et il ne s’est pas arrêté là. Il a dit aux jeunes que vous coutez cher, que je dois faire des économies sur vous. L’enfant c’est un investissement, c’est pas un coût. On ne ne compte pas à la dépense et à la peine pour les études de l’avenir d’un pays. Je trouve donc dangereux qu’Ali Bongo puisse pointer du doigt la jeunesse pour dire qu’elle coûte cher», a-t-il lancé.

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