Nouvelle Mercuriale : le gouvernement rassure, les consommateurs toujours dans le doute

Mise en application depuis le 18 septembre dernier, la nouvelle mercuriale s’inscrit dans  le cadre de la poursuite des efforts du gouvernement dans la lutte contre la vie chère au Gabon. Cette dernière qui n’est pas la première du genre, soumet 167 produits importés de consommation courante au régime de blocage et de liberté contrôlée des prix aux stades de gros, demi-gros, et de détail. Seul problème, dans les quartiers, les prix ne sont pas toujours appliqués en raison d’un manque à gagner manifeste chez les détaillants.

Le ministère de l’Économie, de la Prospective et de la Programmation de développement durable a rendu public l’arrêté n°0020 MEPPDD/SG/DGCC, consacrant le blocage des prix de 167 produits alimentaires de grande consommation aux stades de gros, de demi-gros et de détail. Si le gouvernement s’est lancé depuis le 18 septembre dernier dans une forte campagne médiatique autour de cette mercuriale qui s’étendra sur six (6) mois, dans les quartiers des inquiétudes demeurent sur la réelle application de cet arrêté. En effet, pour Georges, un habitant du quartier Derrière la prison, «cette mesure est une poudre aux yeux. Vous verrez que comme en 2016, les détaillants ne vont pas appliquer les nouveaux prix, parce que tout simplement l’année dernière, ils dénonçaient déjà le fait que s’ils respectaient les prix, ils tourneraient à perte. J’espère que le gouvernement a vraiment impliqué tout le monde dans cette affaire».

Néanmoins, le 18 septembre dernier, la signature d’un protocole d’accord entre l’administration publique, les partenaires portuaires et les syndicats de consommation au ministère de l’Economie laisserait entrevoir une nouvelle approche  de l’application de cette nouvelle grille. Occasion saisie par Edwige Betha Essoukou, ministre Délégué à l’Économie pour annoncer : «la mise en place d’une commission technique qui va se réunir périodiquement pour voir l’effectivité de l’application de la mesure sur le terrain. Et en dehors de cela, il y a des mesures règlementaires et législatives qui prévoient des sanctions en cas de non application de cette mercuriale. Donc, à cela je voudrais déjà préciser qu’à l’issue de la période de 15 jours, consacrée à l’affichage des prix, il est prévu que soit immédiatement lancée la phase répressive».

Une assurance portée par le Syndicat des importateurs et exportateurs (Simpex), dont le président Dominique Grimaldi avait dit être prêt à veiller au respect de l’engagement souscrit son syndicat : «un mauvais accord aurait pu déboucher sur une pénurie de produits, à savoir que si les opérateurs économiques ne se sentaient pas concernés, soit ils n’importaient plus ces produits, soit ils ne respectaient pas les accords. Donc avec un accord multipartite et avec l’accord de tous, on arrive à une mercuriale qui sera respectée par tous».

Pour faire respecter la nouvelle mercuriale à Libreville,  il est prévu la mobilisation de deux cent (200) agents contrôleurs de prix, qui vont parcourir les différentes structures de distribution pendant 15 jours.  Les consommateurs sont invités à y contribuer à travers le numéro court (numéro vert 8085).

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