Nouveau gouvernement : Ali Bongo joue les prolongations

Répondant aux questions des journalistes sur le sujet, le président gabonais a simplement invité la presse à visiter les stands érigés à l’occasion de «Gabon 9 provinces». La patience est une vertue pour certains, mais pour beaucoup d’autres, il s’agirait là d’un abus confiance, quand on sait que ce nouveau gouvernement devait être constitué au lendemain de la tenue du Dialogue politique dans la commune d’Akanda voilà deux mois déjà.

«A quand le prochain gouvernement puisque le dialogue est terminé depuis ?» Contre toute attente, Ali Bongo a ouvertement refusé de répondre à cette préoccupation politique en ces termes «Vous avez visité l’exposition ? L’exposition est très belle. Je vous encourage à la visiter, et à venir me faire vos commentaires sur ce que vous allez voir». Cette question qui taraude les esprits des acteurs politiques gabonais, du moins, ceux qui ont jusque-là des ambitions ministérielles ou gouvernementales n’en finit plus d’irriter. Le renouvellement du gouvernement ne serait donc pas d’actualité pour Ali Bongo, une véritable douche froide pour tous ceux-là qui, avaient foi aux résolutions du Dialogue politique sans tabou.

Mais cette réaction du président de la République ne devrait pas surprendre les esprits avertis, puisque quelques jours plus tôt, dans les colonnes du quotidien L’union, Francis Nkea Ndzigué, le ministre en charge du Dialogue politique avait indiqué que «le gouvernement sera chargé de mettre en œuvre les réformes, le comité de suivi se muant en organe de suivi-évaluation». Deux mois après la tenue de cette messe politique, on apprend finalement que le comité de suivi sera chargé de se prononcer sur le travail gouvernemental.

Un climat d’incertitude règne dès lors entre, le Parti Démocratique Gabonais (PDG) et ses «alliés» du dialogue politique qui avait pour objectif, on le rappelle, d’apaiser les tensions nées de la crise post-électorale. Ceux qui faisaient partie de la galaxie Jean Ping, et qui ont vite fait de dire oui à la participation au dialogue doivent sérieusement réfléchir sur leur avenir politique. Ils auraient donc «trahi» leurs compagnons de lutte pour rien.

Par ailleurs, on serait tenté de penser que, toutes les agitations politiques autour d’un soutien sans réserve à la politique du Chef de l’Etat et à sa personne viseraient à entretenir une belle image aux yeux du patron, sans doute pour préserver, qui des portefeuilles ministériels, qui des postes de conseiller du président.

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