mercredi,2 décembre 2020
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Nomination Ossouka Raponda: remerciement des Mpongwè à Ali Bongo, entre communautarisme et tribalisme

C’est par le biais d’un communiqué publié dans le quotidien L’Union que la communauté mpongwè a félicité le Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba pour le choix porté sur la personne de Rose Christiane Ossouka Raponda, « leur enfant », nommé à la Primature. Une démarche curieuse qui tend à tribaliser une personnalité politique en réalité Premier ministre de tous les Gabonais et non d’une communauté. 

Quelle démarche pour ceux qui malheureusement n’ont pas eu la chance de voir un compatriote de leur contrée être admis au gouvernement, comme c’est le cas pour la Ngounié Sud qui depuis plus de 10 ans, n’a pas connu la promotion d’un de ses ressortissants aux plus Hautes fonction de l’Etat ? Doivent-ils publier un communiqué dans le quotidien L’Union pour faire savoir au Chef de l’Etat qu’il sont dépourvus depuis plus d’une décennie « d’un fils, d’un frère, d’une soeur, d’une mère ou d’un père » au gouvernement ? 

C’est en tout cas l’impression que donnent les membres de la communauté mpongwè composés entre autres par Robert Issoze Avit, Alexandre Ayo Barro, Viviane Rapontchombo et Bernadette Rebienot Onwassango qui dans ledit communiqué ont remercié le président de la République pour le choix por sur Rose Christiane Ossouka Raponda, « leur enfant ». « L’actualité politique dominée par la nomination de notre fille, soeur, mère et compatriote aux Hautes fonctions de Premier Ministre, Chef du  gouvernement constitue la preuve, s’il en faut, que l’égalité des chances est plus que jamais une réalité palpable », a-t-on pu lire. 

Un concept de l’égalité des chances prôné par le président de la République Ali Bongo Ondimba qui est ici utilisé à contre courant de son objet véritable qui est celui offrir la possibilité à tous les fils et filles du Gabon d’accéder sur la base de critères objectifs aux plus hautes fonctions de la République. 

Vu sous cet angle, peut-on parler d’égalité de chance quand en même temps, le Premier ministre de la République Rose Christiane Ossouka Raponda, le Directeur de Cabinet de la République Théophile Ogandaga et le secrétaire général de la Présidence de la République Jean Yves Teale, trois fonctions hautement importantes dans la conduite des affaires de l’Etat, sont détenues par l’ethnie myènè? Le concept de l’égalité des chances avait une vision semblet-il éloignée de cette réalité. Cette attitude qui fait le lit au tribalisme et à la marginalisation ethnique ne devrait plus prospérer dans les communautés gabonaises.  

Le président de la République « en portant pour la première fois de l’histoire des institutions du Gabon une femme en la personne de Rose Christiane Ossouka Raponda à ces Hautes fonctions » a conduit à la Primature, d’abord une enfant du Gabon. Un Premier ministre de tous les Gabonais sans distinction d’ethnie, de village ou de département. La communauté mpongwè qui s’empresse de remercier le Chef de l’Etat s’inscrit en porte à faux avec les principes républicains inscrits en lettre de noblesse dans la Constitution.  

« Le Gabon du 21ème siècle, à l’heure où les autres pays pétroliers lancent des sondes sur la planète mars », s’offusque Jean Valentin Leyama, ancien directeur de cabinet adjoint d’Ali Bongo Ondimba qui en partageant sur son compte Facebook ledit communiqué l’a accompagné de cette boutade non moins révélatrice de la réalité gabonaise. 

Pendant que les autres pays ont mené aux paroxysme, si l’on peut le dire ainsi, le développement de leurs pays au point où en 2020, leurs enjeux sont tournés vers l’espace, le Gabon en est encore à se vautrer lamentablement dans un nombrilisme béat qui traduit le degré de cupidité de sa classe politique et avec elle certaines communautés. Celle des Mpongwè viennent d’en faire la preuve par  dix en publiant ce communiqué qui transpire le lèche-bottisme. 

Le communautarisme bat son plein au Gabon à travers cette sortie de quelques Mpongwè qui pourrait raviver le spectre du repli identitaire pourtant combattu depuis l’accession du Gabon à la souveraineté internationale par ses pères fondateurs à l’instar de Léon Mba porteur de l’expression « Gabon d’abord ». 

Des personnalités avec un parcours « professionnel et politique, fait de fidélité, de loyauté et de dévouement inconditionnel d’une Dame sans cesse portée par le sens du bien collectif » ne manquent pas dans les autres communautés qui pourraient se sentir oubliées, voire délaissées ou marginalisées par la politique d’Ali Bongo Ondimba.

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Pharel Boukikahttp://gabonmediatime.com/
Titulaire d'une Licence en Communication, d'une Licence en Economie et Gestion et d'un Master en droit Privé, mon appétence pour le journalisme est mise en exergue au quotidien à travers mes analyses sur Gabon Media Time dont je suis le Rédacteur en Chef.
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