Nomination d’Aboghe Ella: «même Dieu ne pouvait le promouvoir à cette fonction», selon les magistrats

Des membres du Synamag © GMT

C’est à la faveur du point de presse qu’ils ont animé ce vendredi 13 juillet 2018 au Palais de justice de Libreville, que les magistrats ont tenu à donner leur position sur les décisions prises lors du Conseil supérieur de la magistrature du 3 juillet dernier. Ainsi, le Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) a dénoncé les nominations incongrues et illégales contenues dans le communiqué finale, et plus particulièrement celle de René Aboghe Ella à la tête du Conseil d’Etat.  

En effet, lors de cette rencontre avec la presse nationale et internationale, les magistrats ont fustigé les dérives du récent Conseil de la magistrature notamment sur les questions des nominations et affectations des membres de cette corporation. Ils ont relevé que ces décisions ont malheureusement été prises sans tenir compte des critères de compétence, des valeurs de méritocratie.

S’exprimant pour l’occasion, le président du Synamag, Germain Nguema Ella, a condamné particulièrement la nomination au poste de premier président du Conseil d’Etat, René Aboghe Ella, qui pour lui «est la plus flagrante des illégalités». En effet, alors qu’il occupait la fonction de Président de Chambre à la Cour des Comptes, il avait été mis en position de disponibilité pendant dix ans. Année durant lesquelles il a occupé le poste de président de la Commission nationale électorale autonome et permanente du Gabon (Cenap).

Sauf que «selon l’article 74 de la loi 12/94 du 16 septembre 1994 portant statut des magistrats, il aurait dû réintégrer son grade (hors hiérarchie) et une fonction de même niveau que celle qu’il occupait avant sa mise en position de disponibilité, le tout après un test d’aptitude le jugeant apte à reprendre du service», a relevé le président du Synamag.

Il a également relevé comme «illégalité grossière de cette nomination», le fait que ce dernier ne pouvait être éligible au poste de Premier président du Conseil d’Etat, car selon l’article 30 de la loi 5/2002 du 7 décembre 2002 ne peut être promu Premier président de la cour administrative (devenu Conseil d’Etat) qu’un magistrat de l’ordre administratif du grade hors hiérarchie, «exerçant ou ayant exercé au moins les fonctions équivalentes à celles de conseiller à la cour administrative».

Critère que ne rempli pas de bout en bout René Aboghe Ella, les magistrats estimant dès lors que «cette nomination est une grave erreur de casting et que même le seigneur notre Dieu, si miséricordieux, ne pouvait le promouvoir à cette fonction».

Laissez votre commentaire

Laisser un commentaire