vendredi,30 octobre 2020
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Nicolas Nguema: «l’État gabonais agit en coupeur de routes!»

L’affaire de la découverte par la Taskforce sur la dette intérieure de « fausses dettes » n’a pas fini de susciter des réactions au sein de l’opinion nationale. La dernière en date est celle du président de Pour le changement (PLC) Nicolas Nguema qui dans une tribune, a relevé que cette affaire met en lumière la « fausse facturation et exécution partielle ou fictive des marchés » qui ont très souvent cours dans le pays. Ci-dessous l’intégralité de ladite tribune. 

« De l’obtention d’un marché public à sa chute dans la nasse de la dette intérieure faute de paiement, bon nombre d’entreprises Gabonaises se retrouvent très souvent en cessation de paiement et la conséquence directe est la mise au chômage de compatriotes et ou la fermeture complète de bon nombre de sociétés. 

Ce qu’il faut savoir avant de se faire une idée sur la question de la dette intérieur de notre pays, c’est qu’en réalité, l’obtention d’un marché public ou plutôt pseudo public est subordonné à plusieurs critères non-inscrits dans le code des marchés publics. 

À un certain niveau, il ne s’agit plus pour les entreprises d’avoir les compétences techniques requises pour l’attribution d’un marché public ainsi que la meilleure offre mais plutôt son niveau de maîtrise de la chaîne administrative. De l’obtention du marché jusqu’à l’ordonnancement de son paiement, ainsi que son niveau de concussion au saint des différentes entités ordonnatrices de crédit. 

Ce processus qui peut être qualifié de grande délinquance financière ou tout simplement mafieux, mettant clairement en évidence le caractère corrupteur/corrompu est parfaitement bien organisé depuis toujours par la grande majorité des ordonnateurs de crédit en république Gabonaise, en l’occurrence ceux qui engagent l’état ( ministres, patrons d’institutions directeurs généraux etc…)

Le maître mot reste fausse facturation et exécution partielle ou fictive des marchés. En réalité pour bien comprendre la situation, il faut savoir qu’il y a 3 types d’entreprises dans notre pays: 

– les entreprises proches où appartenants ( indirectement) à des membres de la haute administration. 

– les entreprises appartenants à des aventuriers en quête de gros marchés. 

– les entreprises normales ( qui ont toutes les qualifications requises afin d’œuvrer dans leur domaine)

Au final, il y a 4 facteurs majeurs qui nous conduisent à la situation chaotique de la dette intérieur :

1- les entreprises de type 1

2- les entreprises de type 2

3- l’amateurisme de l’état dans la gestion des niveaux d’endettement.

4- Le manque de maîtrise des mécanismes d’attribution et de contrôle des marchés publics.

Au Gabon, l’exécution du budget est satisfaisante dans sa partie recette mais totalement chaotique et opaque dans son volet dépense . 

Le hors budget est devenu la norme. La confusion des patrimoines la règle.  Ceci a été gravé dans le marbre lorsque le chargé de clientèle de la famille bongo Ondimba a la BGFI est devenu le caissier de l’état. Tout un symbole de la gravité extrême des dérapages actuels .

Les entreprises de type 3, dites normales et légitimes ont raison d’avoir peur et font le bon choix de ne plus travailler avec l’état quand elles en ont la possibilité. 

Ces entreprises sont en droit de se demander si la signature de l’état a encore la moindre signication. À l’évidence Non! 

On parle de continuité de l’état. L’état ne peut pas se comporter en  » coupeurs de routes » comme c’est devenu chose courante ces 10 dernières années.

La direction générale de la dette annonce que près de 241 milliards de Francs CFA auraient été annulé sur 370 milliards audités à ce stade, ce qui représente environ 70 % du montant total de la dette intérieure revendiquée. 

Les seules questions pertinentes que nous devrions nous poser sont : Qui a permis qu’on en arrive là? Qui sont réellement les propriétaires de ces entreprises et leurs ramifications dans la haute administration? Comment ces entreprises ont-elles pu arriver à obtenir ces ordonnances de paiement qui sont la fin d’un processus supposément bien codifié et organisé de façon à ne pas pouvoir flouer l’état?

En réalité, le véritable problème ce n’est pas tant ces entreprises qui exigeraient des montants indus mais l’état.

Renier sa signature avec la majorité de ses créanciers et multiplier les conflits judiciaires lorsque vient le moment de régler ses factures est devenu la norme en république Gabonaise. 

Le cas le plus emblématique de ces 10 dernières années est l’affaire Santullo.

Cela s’apparente vraiment à une mentalité de malfaiteurs assumée.

L’état une fois de plus se comporte en voyou déguisé en gendarme par l’entremise de la direction générale de la dette (DGD) et la pseudo task force prenant sa source à l’origine de tous nos problèmes en l’occurrence la présidence de la république. 

Comment en est-on arrivé là en à peine 10 ans? »

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