Nicolas Nguema : «le premier élément de crédibilité des acteurs politiques est leur légitimité»

Nicolas Nguema Président de l'Association des Parents d’ Élèves (APADIE) et du Mouvement «Stop Pillage»

L’accord de crédit accordé par le Fond monétaire international (FMI) aux gouvernement des pays de la zone Cemac ne cesse d’alimenter le débat au sein de l’opinion. C’est dans ce cadre que le leader de la société civile, Nicolas Nguéma a participé à la Conférence régionale sur la dette en Afrique centrale, organisée à Douala au Cameroun, les 8 et 9 août 2017 sous le thème : «Comment faire face aux défis majeurs liés à la gestion de la dette publique au niveau de la région Afrique centrale», par la plate forme d’information et d’action sur la dette (PFIAD).

En effet, le leader de la société civile qui mène ses actions sur deux principaux pôle que sont l’Éducation et la Lutte contre les Détournements de Fonds, à travers  l’Association des Parents d’ Élèves (APADIE) et le Mouvement «Stop Pillage», a esquissé l’historique du principe de la dette, et plus particulièrement celle contracté par le Gabon depuis son indépendance au cours de cette rencontre sous régionale.

Bien qu’il a estimé que «s’endetter n’est pas forcément une mauvaise chose» et qu’un «endettement soutenable devrait permettre à nos états (États membres de la Cemac) d’effectuer des investissements notamment structurants censés sortir progressivement nos peuples de la misère et la précarité, en leur offrant des hôpitaux, des écoles, des universités, des routes de qualité qui sont des infrastructures de base essentielles», il a par contre déploré que la dette «était devenue en à peine une vingtaine d’année un véritable fardeau pour les économies de nos pays».

Dressant un tableau comparatif dans l’évolution de la dette au Gabon entre 1990 et 2016, il a relevé que «la dette extérieure du Gabon a augmenté de plus de 276% passant de 888 milliards FCFA a 3343 milliards de Fcfa».  Il a egalement noté que le pays a multiplié sa «dette par 2.5 en 8 ans, lui faisant atteindre 3443 Milliards et  dépassant par la même le plafond d’endettement de 35%. La dette intérieure culmine elle à plus de 1000 milliards».

«Le Gabon connaît des crises de trésorerie sans précédents, au bord de l’asphyxie, les autorités sollicitent le concours du FMI»; a t-il déclaré.

«A quoi ont été employées nos ressources propres puisque rien de significatif n’est visible dans le pays ni ne peut en justifier l’emploi? pourquoi n’avoir pas épargné l’essentiel de cette manne exceptionnelle par son ampleur compte tenu que l’économie réelle gabonaise n’est pas capable d’en absorber même le ¼ sur la période? Pourquoi avoir fait le choix d’endetter le Gabon alors même que la période était propice à se constituer une épargne conséquente?»; s’est-il interrogé par la suite.

Face aux tensions de trésorerie que semble désormais traverser le pays, le gouvernement arguant généralement la crise pétrolière et la baisse des recettes fiscales, Nicolas Nguema a martelé  «faire preuve de bonne gouvernance au Gabon n’est qu’une illusion car la transparence dans la gestion de la chose publique n’existe pas chez nous».

«Nous ne pourrons jamais isolé l’économique du Politique»;  a t-il souligné. Avant conclure : «qu’en réalité le premier élément de crédibilité des acteurs politiques est leur légitimité . Plus les peuples auront des dirigeants qu’ils se sont librement choisi, plus certainement ceux-ci auront à cœur d’oeuvrer pour satisfaire aux aspirations profondes de ces peuples qui les ont élus». 

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