La Ngounié-Sud laissée pour compte par le pouvoir émergent

Mbigou-Lebamba : La piste d'éléphants qui fait office de route © GMT

Contrairement aux années antérieures, la province de la Ngounié est plus que jamais divisée. Entre le Nord aux actions de développement visibles et fortement représenté à la présidence de la République en passant par le gouvernement jusque dans la haute administration et le Sud délaissé à son triste sort, broyé quotidiennement par le sous-développement et une misère accrue, dont les voix presque muettes des élus ne comptent nulle part, l’opinion se pose bien des questions sur la politique de la représentativité proposée par le Président de la République Ali Bongo Ondimba.



Comme dans plusieurs parties du pays, la question de la représentativité à certaines fonctions ou cercles de décisions étatiques fait débat dans la province de la Ngounié. En effet, depuis plusieurs années, au sein du parti démocratique gabonais, se lit une guerre de chefs pour la gestion de la province de la Ngounié à travers les positions de Guy Bertrand Mapangou et le promoteur de la «Ngounié Forte», Yves Fernand Manfoumbi. Mais cette guerre de leadership est loin de faire l’unanimité dans la Ngounié-Sud qui ne jouirait d’aucune visibilité au front.

En regardant la santé politico-sociale de la partie Nord de la Ngounié; c’est-à-dire Fougamou, Mandji, Mouila et Ndéndé, pour ne citer que ces localités, comparativement au Sud qui compte Lébamba, Malinga, Mbigou et Mimonngo, plusieurs citoyens originaires de ces dernières citées se disent être abandonnés par la politique de l’Emergence et son porteur président de la République Ali Bongo Ondimba.

«Les rapports entre le Chef de l’Etat et la Ngounié-Sud se sont détériorés lors des mouvements préélectoraux. Et lors de la campagne la fissure était plus que vive. Regardez par vous-mêmes qui représentent cette partie de la province pour comprendre. Il n’y a personne. Quand on compte Pierre-Claver Maganga Moussavou (Vice-Président), Lucie Milebou (Président du Sénat), Guy Bertrand Mapangou (Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique), Michel Mboussou (Directeur général de la Société général d’entreposage des produits pétroliers), Léon Nzouba (Cadre politique), Guy Fernand Manfoumbi (Ministre de l’agriculture), Biendi Maganga Moussavou (Ministre des PME-PMI), Jean François Ndoungou (Président du Conseil national de la communication), la Ngounié-Sud ne compte personne. Comment le justifier quand toute la province ne jure que sur le PDG?», faisait remarquer Mouélé Hugues Marcelin.

On se souvient que lors d’une session parlementaire, le député de l’Union pour nouvelle République (UPNR) Narcisse Tsamba Massala faisait déjà la même observation en présence du premier Ministre qui avait choisi de garder le silence sur la question. Mais  selon certaines indiscrétions au sein du palais, cette partie de la province serait très proche de l’opposition à cause du ralliement dans ce camp des PDgistes ayant démissionné avant les élections présidentielles. «C’est d’ailleurs pourquoi, le délabrement des routes et toutes les misères qui sévissent les populations de cette partie du pays n’intéressent pas le gouvernement et les Hommes-Forts de la Ngounié-Nord», confiait la même source. Est-ce cela l’égalité des chances?

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