Nécessaire retournement des fauves et survie de la République

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Wilson-André NDOMBET, Professeur Titulaire des Universités à L'UOB © D.R.

Le Gabon paraît aujourd’hui en sursis de chaos total pour tout observateur un tantinet soit peu averti. Le temps s’est arrêté depuis le 31 août 2016, jour de la proclamation des résultats frauduleux des élections présidentielles censées avoir donné gagnant Jean Ping.


Et tout le monde en convient. Sinon, on aurait pas pu assister au terrorisme d’État lié à l’holocauste des Gabonais ; pour les obliger à se soumettre à l’imperium du parti au pouvoir; semant la confusion et la peur partout jusqu’à ce jour. Aussi, est-on en droit de se poser les questions suivantes : faut-il continuer de gérer l’État gabonais au Sommet sans respiration politique? Ne faudrait-il pas finasser au mieux en coopérant entre les parties impliquées pour que le Contentieux électoral résultant des élections présidentielles du 27 août soit, enfin, résolu honorablement et respectueux du verdict des urnes?

En effet, coopérer dès aujourd’hui signifie déclarer la vacance du pouvoir et rendre à César ce qui appartient à César. Faire autrement ne servirait point les intérêts des Républicains et ruinerait notre Contrat Social, propriété de tout Gabonais digne. De même, ne pas parvenir à solder ce contentieux maintenant permettrait indubitablement la perpétuation de Coups d’État permanents.

Pour éviter de lézarder la maison Gabon, il importe de se dépasser et préserver ce qui reste du socle de notre vivre ensemble, loin de tout égoïsmes, de tout égocentrisme et de tout ethnicisme.

Sans privilégier cette essentialité de notre cohésion sociale, notre pays deviendra la propriété des étrangers et nos enfants, pour ne pas parier de toute notre progéniture, deviendront apatrides et erreront à travers le monde. Ils partiront par monts et par vaux, traversant mers et océans, terres, villages, villes, pays et continents à la quête du paradis perdu mais occupé par des expatriés conquérants et colonisateurs. Car ceux-ci sont déterminés à nous soumettre, à nous esclavagiser!

Ainsi, si le contraire se produisait dans l’esprit de la révolution du 27 août 2016 et de la Résistance actuelle qui a obligation d’atteindre son objectif principal, sans doute, nous ferons respecter le verdict des urnes, cette volonté générale exprimée en faveur de Jean Ping.

Nous n’avons pas d’autre choix sinon nous nous renierons, pour trahir le sens de la volonté générale exprimée librement par le peuple gabonais à l’épreuve des faits. Et, en réalité, nous risquerions de trahir le sens de notre histoire contemporaine commune en mouvement.

De même , si cette révolution contre le PDG et son bras armé et incontournable allié actuel, L’AJEV, activée par les partis dignes de l’Oppositon, atteignait effectivement son but, les fauves en pôle position d’aujourd’hui mueront en agneaux de demain. Ils seront condamnés à devenir alors des apatrides conformément à leur absence de coopération.

C’est pourquoi, il est temps de ne plus tarder la proclamation de la vacance de pouvoir pour mener les Gabonais vers la concertation contrairement à la confusion totale actuelle et sûrement fatale pour la survie de notre vivre ensemble et, par conséquent, pour la construction saine de notre pays de demain.

Que vive la  « Paix des Braves  » au nom de nos ancêtres, de nos pères et mères, mais aussi au nom de nos hommes politiques jusqu’ici plus vaillants que nous (cf. Conférence Nationale Gabonaise de 1990) et des sacrifiés du 31 août 2016, malheureusement passés trop tôt à trépas.

Enfin, que vive la  « Paix des Braves  » pour  « la survie de la République ».

Wilson-André NDOMBET

Professeur Titulaire des Universités à L’UOB.

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