Moukagni Iwangou appelle à des sanctions contre le gouvernement en vertu l’accord de Cotonou 

C’est à la faveur d’une conférence de presse qui s’est tenue ce 14 décembre à la chambre de commerce de Libreville que l’Union du peuple gabonais a donné sa position au lendemain de la présentation du rapport de la mission d’observation de l’Union européenne. Ce parti membre de la Coalition pour la nouvelle République a esquissé des pistes de réflexion sur la suite à donner à ce rapport sur l’élection présidentielle du 27 août dernier.

A l’entame de cette rencontre avec les hommes et femmes des médias, l’Union du peuple gabonais par la voix de son Président, Jean de Dieu Moukagni-Iwangou, a fait l’économie de sa position quant au rapport final de la MOE-UE, rappelant que « tout ce qui y figure est parfaitement connu des gabonais, qui n’ont pas attendu ce rapport pour dénoncer ce qu’ils ont endurés au plus profond de leur personne. Sauf que exprimées par les gabonais, ces réalités étaient, soit occultées, soit contestées ».

A ce propos, « le rapport relève beaucoup d’opacité dans la consolidation des résultats, des anomalies évidentes dans la province du Haut-Ogooué sur le taux de participation gonflé à souhait, et toujours différent en fonction de l’autorité qui l’annonce, des niveaux d’abstention minorés à l’envie, en dépit de la réalité connue, reconnue, et parfaitement tracée » souligne-t-il, toute chose qui remet en cause le résultat de la province en particulier, mais au-delà celui de l’élection présidentielle. « Le gouvernement qui a sollicité le bénéfice de l’objectivité à un partenaire extérieur, a refusé cette même exigence de vérité, à des gabonais, qu’il n’a pas hésité à passer par les armes », a-t-il poursuivi.

Dans la droite ligne de ce constat accablant, le président de l’Union du peuple gabonais, a dit toute sa détermination à faire éclater la vérité sur l’élection présidentielle. Evoquant ce qui pourrait être envisagé comme suite à donner à cette démarche, Moukagni-Iwangou, a souligné que le Gabon étant partie de l’Accord de Cotonou, les dispositions coercitive concernant les graves manquements en matière de démocratie et des droits de l’homme, peut lui être opposables. « Sous l’éclairage de cette codification, qui recommande le recours au dialogue pour régler les différends, les situations exceptionnelles de violation particulièrement grave et évidentes des éléments essentiels de l’Accord, rendent inopérante le recours au dialogue, et ouvrent droit aux cas d’urgence particulière » souligne-t-il.

« En conséquence de ce qui précède, l’Union du peuple gabonais par ma voix, appelle à la mise en œuvre des dispositions de l’article 96 de l’Accord de Cotonou, pour cas d’urgence particulière… il décide de tout mettre en œuvre, en concertation avec Monsieur Jean Ping, afin de sauver la Nation » a-t-il conclu.

Laissez votre avis