Mouila: deux jeunes Gabonais acquittés après 3 ans de détention préventive sans preuve

La session criminelle ordinaire de la Cour d’Appel judiciaire de Mouila débutée le 28 janvier dernier a réservé son lot de surprises. En effet, Stéphane Ibinga Koumba et Ezechiel Nyambi ont été acquittés par cette juridiction dans le cadre de l’assassinat de Jean Louis Nzamba Mabicka pour lequel ils ont passé 3 ans innocemment en détention préventive.


La problématique de la détention arbitraire continue d’être au centre des préoccupations au sein de l’opinion nationale. La récente mésaventure   de ces deux jeunes Gabonais injustement incarcérés en est encore la preuve. Ils auront perdu ainsi plusieurs années de leur vie pour des faits dont ils n’avaient aucune idée.   

En effet, tout a débuté la soirée du 31 mai 2015 où Stéphane Ibinga se trouvait dans un hangar de vente de vin de palme. C’est alors qu’un débat portant sur les crimes rituels conduira le jeune homme à dire qu’il en a déjà été l’auteur en Juin 2014. Ceci a attiré l’attention d’un consommateur qui se souviendra qu’à cette période, son frère avait été assassiné.

Par la suite, Stéphane Ibinga sera interpellé par les agents de la police Judiciaire saisie par le consommateur qui aurait entendu les révélations du jeune homme. Ezéchiel Nyambi sera ensuite arrêté car identifié comme complice. Selon les agents de la police, les deux hommes ont avoué tour à tour être les auteurs du crime rituel. Seulement, devant le parquet de Tchibanga qui a compétence sur la Ngounié et la Nyanga, les deux jeunes vont revenir sur leurs aveux en confiant au juge d’instruction qu’ils avaient été contraints d’avouer le crime sous la menace des agents.

Durant sa plaidoirie, leur avocat Me Gilbert Mfoumbi a dénoncé la légèreté avec laquelle les enquêtes ont été menées ainsi que le manque apparent de preuve. Il a par ailleurs demandé l’acquittement in extenso de ses clients.  Lors de sa délibération, la Cour d’Appel judiciaire de Mouila a prononcé l’acquittement total des deux accusés qui ont déjà innocemment purgé 3 ans et 7 mois en détention préventive à la prison centrale de Tchibanga. Vivement qu’un audit autour des enquêtes et procédures judiciaires soit fait car il se pourrait qu’il y ait, dans des prisons, des individus se trouvant dans des cas similaires.

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