Moubamba: «les affaires militaires ne relèvent pas de la compétence du procureur»

© Facebook Bruno Ben Moubamba

La tentative de coup de force par le Mouvement patriotique des jeunes des forces de défense et de sécurité du Gabon (MPJFDS) conduit par le lieutenant Kelly Ondo Obiang n’a pas fini de susciter des discussions au sein de la classe politique gabonaise. Après la sortie du procureur de la République près le Tribunal de première instance de Libreville pour donner les premiers éléments d’enquête sur cette affaire, l’ancien Vice-premier ministre Bruno Ben Moubamba a remis quelque peu le choix de la juridiction pour traiter de cette affaire.



C’est par le biais d’une série de publications sur son compte Facebook que le président de l’Alliance pour le changement et la restauration (ACR) a tenu à réagir aux événements qui ont secoué la capitale gabonaise le lundi 7 janvier dernier.  Il a souligné que cet acte n’est que le résultat de la gouvernance catastrophique menée par le gouvernement.

Il a fustigé pour l’occasion, l’attitude des gouvernants qui plonge inexorablement le pays vers un chaos à venir. « L’Histoire arrive tout simplement à un niveau de maturation tel que toutes les digues qui s’opposent au déferlement des mutations nécessaires et en cours, vont être purement et simplement emportées par la force des courants qui sont en train d’accélérer le mouvement de l’histoire immédiate », a-t-il relevé.

Revenant sur le coup de force perpétré par des membres des forces de défense, Bruno Ben Moubamba s’est interrogé s’il était nécessaire d’arriver à la mort de ces « jeunes idéalistes en treillis, formés par la République Gabonaise ». « Je trouve cela complètement disproportionné. A Bouaké, au nord de la Côte d’Ivoire, le pouvoir ivoirien a bien réussi à calmer les militaires en furie il y a quelques mois. Mais bon, la Côte d’Ivoire c’est la Côte d’Ivoire ! On le sait », a-t-il souligné.

Concernant la récente sortie du procureur de la République Olivier Nzahou, qui a livré des éléments de l’enquête diligentée par la justice, l’ancien candidat s’est interrogé sur le choix de la juridiction pour connaître de cette affaire dont les protagonistes devraient normalement être soumis aux dispositions de la loi n° 7/73 du 20 décembre 1973. « Nous espérons que quelqu’un va expliquer au Procureur de la République Gabonaise que les affaires militaires ne relèvent pas de sa compétence mais relèvent de la justice militaire », a relevé Bruno Ben Moubamba.

Pour rappel, l’article 16 du Code de justice militaire dispose en matière d’enquête que « les officiers de Police Judiciaire Militaire reçoivent en cette qualité les plaintes et dénonciations. Ils procèdent aux enquêtes préliminaires sur instruction du Ministre de la Défense Nationale ».

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