Monsieur Issoze Ngondet, la santé d’Ali Bongo est bien une préoccupation nationale plutôt qu’«un non-événement»

Emmanuel Issoze Ndondet et Benicien Bouschedy © Photo montage GMT

Monsieur le Premier Ministre, permettez cette audience sans entrevue. Excusez mon indignation et « l’impertinence » de celle-ci face à ce que je nommerais « votre incapacité à faire l’unanimité au moment où vos concitoyens ont besoin que vous soyez à la hauteur de vos charges ». Permettez que je vous parle comme à Malinga, sans exigence lexicale.

Monsieur Issoze Ngondet, dès lors que Monsieur Ali Bongo Ondimba avait décidé (avec ou sans les faveurs de la majorité des Gabonais ) de diriger notre pays, de « consacrer toutes ses forces et son intelligence » pour nous garantir sécurité et bien-être (bien que douteux et contestés – j’en appelle à votre clairvoyance sur l’unique cas de l’école gabonaise pour le justifier – depuis 2009 jusqu’alors), il décidait par la même occasion d’être le Gabon dont il porte la voix, aux frais du contribuable. Aux frais de mon espérance, peut être pas à ceux de vos enfants, aux frais de la fierté d’êtreGabonais. Il est notre drapeau, même si je conteste (puisqu’il est des situations qui exigent à l’excellence de l’esprit patriotique de dominer sur ses convictions).

Monsieur Issoze Ngondet, est-ce utile de vous rappeler que, contrairement à vous qui avez été nommé, Ali Bongo Ondimba, en tant que Président de la République est le fonctionnaire du peuple, c’est-à-dire le premier de ses employés dont l’exercice des fonctions implique la responsabilité immédiate et même historique de la Nation, de chaque citoyen ? Non. Vous le savez et feignez sans doute de jouer au tartufe devant la jouissance de l’évidence.

Monsieur Issoze Ngondet, Ali Bongo Ondimba a voyagé, il y a quelques jours, au nom du peuple gabonais, le représenter et discuter de son avenir (bien qu’au Gabon, les résultats de ces multiples voyages ne convainquent que ses affidés et restent sur maquettes par votre faute, puisque c’est à vous et votre gouvernement de réaliser ces projets qui nous sourdent après vos conseils de ministres).

Après des informations relayées par une cohorte des médias internationaux et nationaux faisant état d’une « simple fatigue passagère », chaque aube, depuis cette annonce, nous fait découvrir une manipulation du vocabulaire. De « fatigue passagère » on est passé à « fatigue sévère » avec pour fond commun son hospitalisation alors que la toile explose sur des supputations allant jusqu’à sa mort qu’aucune personne équilibrée ne souhaite.

Comme beaucoup de Gabonais de votre temps, vous avez sans doute grandi au village. Alors dites nous, depuis quand « une fatigue » qu’importe les adjuvants, peut être objet d’hospitalisation ? Dans quel hôpital est-il donc interné pour que chaque citoyen se débrouille à lui rendre visite, par souci de responsabilité – je répète qu’il est l’employé du peuple ? Pourquoi ne pas le ramener au pays pour qu’il récupère de cette « fatigue inquiétante » dans un de nos hôpitaux afin de convaincre le peuple de la qualité des soins nationaux ?

Monsieur Issoze Ngondet, si pour vous « la santé du Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba est un non-événement », il n’en est nullement de même pour le peuple qu’il sert et représente. Mon père disait, « dans un corps social, ce qui touche un des membres directement touche le reste du corps indirectement ». Comprenez-vous seulement notre inquiétude face à vos propos nauséeux que l’expression patriote invite à reconsidérer ? Que répondra le peuple quand sa famille dira « notre fils est tombé malade parce qu’il vous servait et il a voyagé pour votre émergence ? » (EMERGENCE ? Permettez que je répète inutilement ce concept creux qui va jusqu’à l’interrogation du sens).

Monsieur Issoze Ngondet, on parle de la santé du Chef de l’Etat, pas de n’importe quel citoyen dont la vie ne vaut rien (je ne me souviens pas de Mboulou-Beka et des autres morts de 2016, rassurez-vous). J’indexe juste votre maladroite sortie médiatique indigne d’un Chef de gouvernement pour vous rappeler votre responsabilité face à cette situation en vous invitant, non pas à chercher qui sont mes parents où de quel village est issue cette audace, mais à communiquer au peuple gabonais (toutes les 2 heures s’il le faut) la situation exacte de son Président. Nous parlons de la santé du PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE GABONAISE Ali Bongo Ondimba et non des élections politiques aux trépignements essoufflés ; car les élections législatives sont désormais derrière nous.

Benicien BOUSCHEDY,  Écrivain Militant

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