Mimongo: deux chefs de village détenteurs de fantômes sèment la mort

Les deux chefs du village Bilengui qui sèment la mort © D.R

Le village Bilengui dans le département de l’Ogoulou (Mimongo) est en ébullition. Deux auxiliaires de commandement, Jean-Hilaire Nzamba et Daniel Mayanzi sont accusés de détenir des ditengous (fantômes) qui créent sans cesse la désolation au sein des familles. Des témoignages accablants soutiennent leur implication directe dans les cas de morts et faits suspects dans le village.

Jean-Hilaire Nzamba et Daniel Mayanzi, chef de regroupement et chef du village Bilengui, une bourgade non loin de Mimongo, située à un peu plus de 71 km de la capitale provinciale de la Ngounié, sont accusés de nombreux actes de sorcellerie qui sévissent au milieu des habitants.

Surréalistes de prime abord, les accusations ont été soutenues par les témoignages d’individus proches des deux présumés sorciers, détenteurs fantômes.  Ainsi au cours d’une dispute, en présence de Pascal Mimogho, chef de village également, les deux suspects s’accusaient mutuellement de faits de sorcellerie.

C’est par le quotidien L’Union que les accusations glaçantes de Jean-Hilaire Nzamba à son confrère Mayanzi, ont été relayées. «Il faut retirer ton fantôme qui sème la mort et la désolation dans les familles», aurait lancé de but en blanc, Nzamba, avant de se couvrir, indiquant que son fantôme, à lui, «rapporté de Ndendé» n’est là que pour «la sécurité de sa famille et non pour faire du mal». Sans s’en rendre compte Nzamba venait d’affirmer que lui et son compère détiennent des ditengous.

Ce n’est donc pas à tort que habitants du village Bilengui les pensent coupables de faits et morts étranges. Pour eux, Arnaud Houpenga a été victime de la sorcellerie de Daniel Mayanzi, lorsqu’il perdait de façon mystérieuse ses cheveux. Et pour cause, le vieil homme «n’avait cessé de le prendre en grippe, se signalant par des remontrances à n’en plus finir», rapporte L’Union.

Plus mystérieux encore, la mort d’un garçon de 12 ans, d’une simple chute, de laquelle il s’est jamais relevé. Mais alors que certains accusaient les jeunes camarades du défunt, le quotidien L’Union fait tout de même remarquer que  «d’aucuns ont soutenu que c’est la main d’un fantôme qui aurait agi en prenant l’aspect d’un camarade de jeu du défunt», même si cela paraît peu réaliste à l’entendement de plusieurs.

Interpellés puis interrogés le 19 avril dernier, par la gendarmerie de Mouila, les chefs du village vont tout nier. Leur silence leur vaudra d’être remis en liberté deux jours plus tard. Mais de retour à Bilengui, l’épouse de Nzamba va sortir du silence, sous la pression des gendarmes. Et alors qu’elle a interdiction formelle d’y mettre pieds, cette dernière va conduire les agents à l’arrière de la maison, où Nzamba dissimule ses «gris-gris» que constituent «le cubitus d’un membre de sa famille et une bouteille enfouis dans le sol» révèle la même source.

Acculé, le chef de regroupement va passer aux aveux. Il a finalement avoué être responsable de la disparition mystique de 8 personnes qu’il a pris le soin de nommer. Un coup dur, on imaginé pour les familles des victimes qui découvrent enfin la vérité sur la disparition des leurs.  

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