Mesures d’austérité: les magistrats menacent de paralyser la justice dès octobre

Germain Nguema Ella, président du Synamag entouré d’autres membres © D.R

S’achemine-t-on vers une nouvelle paralysie du système judiciaire dans les mois à venir? C’est du moins ce qu’ont laissé entendre les responsables du Syndicat national des magistrats du Gabon (SYNAMAG), lors du point de presse qu’ils ont animé ce vendredi 13 juillet au Palais de justice de Libreville. Cette décision est leur réponse aux mesures gouvernementales prises lors des Conseils des ministres des 21 et 29 juin dernier.

Dans la droite ligne des réactions enregistrées ces derniers jours sur les mesures annoncées par le gouvernement, le Synamag a tenu à faire entendre sa voix en tant qu’acteur de la société civile. A cet effet, les magistrats ont dit désapprouver la méthode utilisée par l’exécutif, car ces mesures auront pour conséquence de précariser une fois de plus les agents publics.

S’exprimant au nom de ses collègues, le président de cette organisation syndicale, Germain Nguema Ella, a fustigé entre autres les mesures visant à appliquer une décote de 15%, 10%, et 5% proportionnellement à des tranches de rémunération des agents publics dont le salaire est supérieur ou égale à 650 000 Fcfa, mais aussi la mise sous bons de caisse de l’ensemble des fonctionnaires.

Sur ce dernier point, il a  jugé incompréhensible que les forces de sécurité et défense soit exemptées «comme si ces derniers n’emargeaient pas au budget de l’Etat, violant ainsi le principe de l’égalité de tous devant les charges publiques». Autre aspect fustigé par les magistrats, le report de la mesure sur la réduction de la taille du gouvernement qui sonne comme une incongruité alors qu’il «ordonnent l’application immédiate des autres mesures aux autres agents».

«La position du Synamag est claire, nous ne sommes pas favorable à des telles mesures pour autant qu’elles resteront incohérentes, inefficaces et sectaires», a martelé Germain Nguema Ella.

Par ailleurs, les magistrats ont dit refuser de continuer de voir le peuple gabonais être victime de la «gabegie financière de certains membres de l’exécutif», estimant que la moralité de ces derniers dans «la gestion des deniers publics a fini par faire sombrer notre pays dans le chaos».

Face à cette situation qui laisse présager une implosion du climat social, le Syndicat national des magistrats du Gabon a averti que si l’exécutif les contraint «la fermeture des juridictions sera demandée dès la rentrée judiciaire prochaine»

Laissez votre commentaire