Mesures d’austérité: Anicet Mboumbou Miyakou fustige l’interprétation démagogique des magistrats

Edgar Anicet Mboumbou Miyakou face à la paralysie de la Justice © GMT

Faisant suite à la sortie médiatique du Syndicat des magistrats gabonais (Synamag) du 13 juillet 2018, au cours de laquelle les hommes en robes noires ont critiqué non seulement les nominations intervenues lors du dernier Conseil supérieur de la magistrature, mais aussi les mesures d’austérité prises par le gouvernement, le ministère de la Justice, Garde des sceaux a, dans un communiqué, tenu a décliné le jugement porté par les magistrats.

Lors de leur communication, les magistrats avaient dénoncé d’une part les affectations aux relents disciplinaires pris à l’encontre de certains membres de leur organisation syndicale mais aussi les nominations illégales de certains magistrats dont le cas le plus flagrant était celui de René Aboghe Ella, magistrat de l’ordre judiciaire à la tête du Conseil d’Etat, plus haute juridiction de l’ordre administratif, ceci en violation du statut des magistrats et de la loi organique sur le Conseil supérieur de la magistrature. D’autre part le Synamag avait fustigé les mesures gouvernementales visant à réduire le train de vie de l’Etat.

Des affirmations jugées inexactes par le Garde des sceaux qui a tenu à relever certaines observations nécessaires à la compréhension de la situation.  Ainsi, il a démenti les allégations sur les supposées affectations disciplinaires, visant à démobiliser cette organisation syndicale, arguant d’ailleurs ne pas disposer de l’état des adhésions des magistrats. Sur la question des nominations, avancements, promotions mutations et affectations, la tutelle a dit regretter que le Synamag ait choisi un cadre informel pour dénoncer ces mesures, ce qui n’honore pas ce syndicat, qui compte pourtant en son sein «d’éminents praticiens du droit».

Une sortie du ministère de la Justice qui est dépourvue d’arguments de droit, notamment des renvois à la loi pour défendre la position du gouvernement quant aux dénonciations pourtant vérifiables dans les textes et règlements en vigueur régissant la profession de magistrat en République gabonaise. Comme s’il fallait juste réagir pour réagir.

Revenant sur les mesures d’austérité, la chancellerie a fustigé la position des magistrats qui «s’est livré à une interprétation démagogique desdites mesures». «Face à cette tentative du Synamag de s’affranchir de la spécialité de son champ de compétence, qui est la défense des intérêts professionnels de ses membres, le ministère appelle chacun à la responsabilité et à la retenue», martèle-t-elle dans son communiqué.   

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