vendredi,10 juillet 2020
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Mays Mouissi: «pas d’annulation de la dette publique pour les pays dont les dirigeants se sont enrichis personnellement»

Dans un long entretien accordé au magazine français Le Point paru le samedi 16 mai, le consultant et analyste économique Mays Mouissi, a passé au crible l’actualité socio-économique du pays fortement marquée par les demandes d’annulation ou de moratoire sur les dettes africaines. Défavorable à une « quelconque annulation pour les pays dont les dirigeants ont utilisé la dette publique pour leur enrichissement personnel ». 

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C’est une question qui revient sans cesse et qui alimente les débats économiques, à l’heure où le monde, l’Afrique et donc le Gabon, traversent une crise « à nulle autre pareille » comme l’avait souligné la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Kristalina Gueorguieva. Dans un contexte où de nombreux pays d’Afrique subsaharienne doivent à la fois contenir la propagation de la Covid-19, et atténuer les chocs économiques, les dirigeants africains soutenus par les pays du G20, multiplient les appels en faveur d’une annulation pure et simple de leurs dettes publiques. 

Or, comme l’a souligné Mays Mouissi au détour d’un long entretien chez nos confrères du magazine français Le Point, cette annulation souhaitée « renvoie de l’Afrique une image d’éternelle assistée dont les citoyens ne veulent plus ». Outre cet aspect légitimement justifiable, l’analyste économique rappelle « qu’il est du devoir des dirigeants de chaque pays d’honorer les dettes contractées ». En effet, si la Covid-19 aura inéluctablement des conséquences économiques, sanitaires et humanitaires catastrophiques, elle ne doit pas obérer le fait que « mauvaise gouvernance et dérapages budgétaires substantiels » sont légion sur le continent.

D’ailleurs, le Gabon dont le niveau d’endettement se situe autour de 60% du PIB pour un peu moins de 5400 milliards de FCFA selon les récentes données fournies par la DGEPF, est coutumier du fait puisque dès juin 2018, le FMI relevait déjà des dérapages budgétaires substantiels. Analyse confortée récemment par l’agence de notation Fitch Ratings, qui en dégradant la note souveraine du pays à triple C, soulignait une mauvaise gouvernance accrue.

Toutes choses qui amènent celui qui appelait récemment l’Afrique à changer de modèle économique, à insister sur le fait que « les dirigeants qui ont massivement endetté leurs pays et utilisé la dette publique pour leur enrichissement personnel, ne sont pas légitimes pour demander une quelconque annulation de la dette », pour l’économiste, « on ne peut pas traiter les pays africains de façon homogène » car cela « reviendrait à encourager la prédation des ressources publiques ».

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Mouss Gmt
Ladji Nze Diakitéhttp://www.gabonmediatime.com
Titulaire d'un Master en Audit, Contrôle de Gestion et aide à la Décision, passionné de journalisme, j'analyse au quotidien l'actulaité économique du Gabon et du continent Africain ainsi que l'actualité sportive.
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