vendredi,18 septembre 2020
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Mays Mouissi : «le Premier ministre a transformé sa propre violation de la loi en opération de communication»

Ce mardi 19 novembre 2019 le premier ministre Julien Nkoghe Bekale s’est rendu dans les locaux de la Commission nationale de la lutte contre l’enrichissement illicite (Cnlcei) avec pour objectif de procéder à la déclaration de ses biens. Si cet acte « exemplaire » a été diversement accueilli, l’opinion n’a pas manqué de se questionner sur la sincérité de cette descente du chef du gouvernement qui pour l’analyste économique Mays Mouissi, n’était qu’une vaste opération de communication.   

Engagé dans une vaste campagne de sensibilisation sur la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite, qui curieusement coïncide avec le lancement de l’opération scorpion, laquelle a conduit à l’interpellation de plusieurs cadres des entreprises et administrations publiques, le chef du gouvernement a tenu à montrer l’exemple en se pliant à la procédure de déclaration de biens conformément aux dispositions de la Loi N°002/2003, instituant un régime de prévention et de répression de l’enrichissement illicite en République gabonaise. 

Sauf que dans cet élan de bonne volonté manifesté par Julien Nkoghe Bekale, les délais réglementaires ont été clairement ignorés par ce dernier, pourtant magistrat de formation.  Un fait que l’analyste économique Mays Mouissi a, dans une série de tweets, tenu à relever affirmant que le chef du gouvernement s’était rendu coupable d’une violation flagrante de la loi. En effet, la loi oblige les membres du gouvernement à soumettre une déclaration de fortune à la CNLCEI dans les 3 mois suivant leur prise de fonctions, délai largement dépassé par le patron de l’administration gabonaise. 

L’article 22 de la Loi N°002/2003 dispose d’ailleurs qu’« en cas de nondéclaration de fortune dans un délai de trois mois suivant la prise de fonctions, le président ou le vice-président, saisi par le secrétaire général, met la personne concernée en demeure de s’exécuter dans un délai maximum d’un mois. Passé ce délai, l’intéressé est sans préjudice des autres sanctions, démis de ses fonctions ». « Le Premier ministre  a été nommé à cette fonction le 12 janvier 2019. Il avait jusqu’au 11 avril 2019 pour faire sa déclaration de fortune. Ne s’étant manifestement pas exécuté, il aurait dû être démis de ses fonctions dès le 12 avril 2019 », a relevé Mays Mouissi.

L’analyste économique, n’a pas manqué de fustiger ce qui semble n’être qu’un simple coup de communication orchestré par Julien Nkoghe Bekale. Pis en plus de violer les prescriptions légales en matière de déclaration de biens, Mays Mouissi a relevé qu’alors qu’il « venait tout juste de violer les lois de la République, il  s’est cru obligé de faire un discours moralisateur où il dit lui-même  c’est l’impunité qui compromet, le plus, le développement et le progrès de notre pays ». De quoi faire tirer un rire jaune à l’opinion qui doute du sérieux de cette procédure mais surtout à appeler à la publication de ladite déclaration de biens.  

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Mondjo Mouegahttp://gabonmediatime.com
Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lencement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Directeur des Rédactions et Rédacteur en chef de GMTme
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