jeudi,22 octobre 2020
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Mays Mouissi: «la loi de finances rectificative est exagérément optimiste»

Adopté en conseil des ministres le 12 juin dernier, le projet de loi de finances rectificative (PLFR), laisse dubitatif de nombreux observateurs de la sphère économique gabonaise qui souhaitaient voir dans cette LFR, un certain nombre de mesures courageuses. Ainsi, pour Mays Mouissi par exemple, ce PLFR est tout simplement « exagérément optimiste », si l’on se réfère notamment aux 10,4 millions de tonnes métriques de production pétrolière qui semblent ne pas tenir compte du récent engagement du pays envers l’OPEP.

Si elle n’est pas encore officiellement adoptée par les deux chambres du parlement à savoir : l’Assemblée nationale et le Sénat, bien que déjà adoptée en conseil des ministres, la loi de finances rectificative laisse planer de nombreux doutes quant à sa « sincérité » et surtout le « courage » qu’elle inspire en ces temps d’incertitudes économiques. Dans ce contexte, de nombreuses voix à l’image de celle de l’analyse économique Mays Mouissi, s’élèvent pour souligner « son optimisme exagéré ». 

En effet, basée sur des prévisions de recettes budgétaires en baisse de 28% à 1564,9 milliards avec notamment des revenus pétroliers en chute de 47% malgré le maintien d’une production pétrolière à 10,4 millions de tonnes métriques sur l’année, la loi de finances rectificative demeure une énigme à bien des égards. Et pour cause, les engagements du Gabon envers l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) qui devraient se traduire par une baisse de la production jusqu’à stabilisation des prix sur les marchés, auraient dû contraindre le gouvernement à foncièrement revoir sa stratégie.

Or, le cas échéant, cette stratégie laisse dubitatif, comme l’a rappelé Mays Mouissi qui se questionne sur ces « projections exagérément optimistes », allant jusqu’à se demander si « le gouvernement nous informe de fait, qu’il ne suivra pas les recommandations de l’OPEP ». Inexplicable donc, d’autant plus que les dépenses budgétaires n’ont elles, subi qu’une très légère baisse de 7% à 1787,4 milliards de FCFA en dépit des annonces faites par le ministre de l’Economie et des Finances Jean Marie Ogandaga qui en annonçait pourtant une baisse conséquente, cette LFR n’aura pas fini de faire couler encre et salive.

A noter que les agences de notations financières standardisées telles que Fitchs ratings et Moody’s qui vient d’affubler l’économie gabonaise d’un Caa1 relevant ainsi des obligations de très mauvaise qualité, semblent également partager l’avis de l’économiste, puisque Lucie Villa, vice-présidente de Moody’s et agente principale de crédit a notamment indiqué que « l’économie gabonaise se contractera de près de 2% en 2020, avec un secteur pétrolier expliquant la majeure partie de la baisse ».

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Ladji Nze Diakitéhttp://www.gabonmediatime.com
Titulaire d'un Master en Audit, Contrôle de Gestion et aide à la Décision, passionné de journalisme, j'analyse au quotidien l'actulaité économique du Gabon et du continent Africain ainsi que l'actualité sportive.
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