vendredi,25 septembre 2020
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Mays Mouissi: «la grande qualité d’Ogandaga c’est qu’il n’est jamais inquiet de rien»

Au cours d’un entretien accordé à nos confrères de Direct Infos Gabon, l’analyste financier et économiste Mays Mouissi a porté un regard critique de la situation de la dette publique gabonaise. Évaluée à fin mars 2020 à un peu plus de 5 600 milliards de FCFA selon la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale (DGEPF), cette dette abyssale semble pourtant laisser de marbre le gouvernement et notamment le ministre de l’Economie et de la Relance Jean Marie Ogandaga dont « la grande qualité est qu’il n’est jamais inquiet de rien » comme le souligne Mays Mouissi.

90 milliards de FCFA du Fonds monétaire international (FMI), 66 milliards de la Banque africaine de développement (BAD) en juin et bientôt 156 milliards de FCFA de plus de la même institution, qui dans son rapport sur les perspectives régionales publié récemment, pointe du doigt « un recours excessif aux financements extérieurs ». Eurobond souscrit en janvier dernier d’un montant de près de 600 milliards de FCFA, en moins d’un an le Gabon a vu le stock de sa dette publique considérablement augmenter de 15%, sans que les effets ne se ressentent sur le quotidien des populations.

C’est donc pour évoquer cette stratégie d’endettement incompréhensible que Mays Mouissi s’est livré au cours d’un entretien chez nos confrères de Direct Infos Gabon. En effet, réagissant au niveau d’endettement actuel du Gabon, l’analyste s’est tout d’abord étonné de ce que l’actuel ministre de l’Economie et de la Relance Jean Marie Ogandaga, évoque sans être « inquiet » une dette devenue « subrepticement soutenable alors qu’en avril ce dernier plaidait pour son annulation ». Comme pour soutenir que le membre du gouvernement se dit et dédit sur la même question. 

 

Celui qui soulignait récemment que la « loi de finances était exagérément optimiste » s’est ensuite pour sa part, « inquiété du niveau d’endettement du Gabon parce que le service de la dette qui en découle est si élevé au regard du niveau des ressources propres de l’Etat, qu’il bride fortement les capacités publiques d’investissement et de financement des politiques sociales ». Rappelant qu’aujourd’hui pour des dépenses d’à peine 5 milliards de FCFA, le Gabon doit recourir à des emprunts, Mays Mouissi s’est donc inscrit en faux, visàvis des certitudes de Jean Marie Ogandaga et partant de l’Exécutif.

Considérant qu’un taux d’inflation inférieur à 3% et un taux d’endettement inférieur à 70% ne « sauraient garantir la bonne tenue de l’économie d’un pays », Mays Mouissi a tenu à relativiser, « des critères de convergence » qui ne sont ni plus ni moins que « des indicateurs macroéconomiques mis en place au sein d’une union monétaire pour assurer sa stabilité ». Par ailleurs, l’économiste a tenu à rappeler que le « schéma classique de relance d’une économie repose sur l’investissement et la consommation ». Or, dans l’état actuel des choses, la réalité en est tout autre.

Avec des dépenses d’investissement étatiques désacralisées au profit d’ostensibles dépenses de fonctionnement dont la seule masse salariale se situe autour de 700 milliards de FCFA, le Gabon dont le « prépondérant » secteur pétrolier accuse le coup d’une des pires crises de son histoire, pourrait très vite voire le stock de sa dette publique largement dépasser le seuil de convergence CEMAC. 

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Henriette Lembethttp://gabonmediatime.com/
Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...
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