Mays Mouissi: «la France, le FMI et la BEAC se trompent sur la suppression des exonérations fiscales»

Mays Mouissi, analyste économique © D.R

Évoquée à Paris le 8 octobre dernier dans le cadre de la réunion des ministres des Finances de la zone franc, la suppression des exonérations fiscales, avait été approuvée par les différentes parties prenantes. Ainsi, en analysant tous les contours liés à cette initiative, Mays Mouissi a dans une tribune, indiqué « la France, le FMI et la BEAC se trompent ».

C’était l’une des principales décisions prises au cours de la réunion des ministres des Finances de la zone franc, qui s’est tenue le 8 octobre dernier à Paris. Face à la situation économique difficile qui prévaut dans la plupart de ces pays, les représentants de l’État français, de la Banque des États d’Afrique centrale (BEAC) et le président du comité ministériel de l’Union monétaire d’Afrique centrale (UMAC), avaient tranché.

En effet, Bruno Le Maire, ministre français de l’Économie et des Finances, Abbas Mahamat Tolli, gouverneur de la BEAC et Daniel Ona Ondo, président du comité ministériel de l’UMAC, s’étaient prononcés en faveur de la suppression des exonérations fiscales au sein de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC). Cette décision, qui met fin aux avantages fiscaux accordés à certaines entreprises dans la zone des six, avait été préconisée par le FMI.

Ainsi, en analysant le contexte entourant cette décision, Mays Mouissi a notamment indiqué « la France, la BEAC et l’UMAC appellent à une suppression pure et simple des exonérations fiscales sans avoir préalablement mesuré les conséquences économiques et sociales ». Pour l’économiste « la France et les deux organes financiers de la CEMAC théorisent que l’accroissement de leurs charges fiscales, sans tenir compte des spécificités de chacune d’entre elles, favoriserait une meilleure collecte fiscale et une relance de l’économie ».

La France et le FMI, préconisent une fois encore, une solution généralisée à des problèmes spécifiques. Or, le seul point commun que l’on pourrait réellement mettre en avant dans ce cas de figure, c’est un ensemble « de dérapages budgétaires substantiels », ce qui signifie des problèmes de gestion et de gouvernance avérés. Sans tenir compte donc, des spécificités de chaque État, la France, le FMI, la BEAC et l’UMAC, font donc de la suppression des exonérations fiscales, le remède miracle pour les économies de la zone CEMAC.

De plus, la France recommande aux pays de la zone CEMAC, un principe qu’elle même ne s’applique pas, ce qui suscite un certain nombre de questions, quand on sait que des entreprises comme Bolloré Transport et Logistique, ou encore Vivendi, viennent d’être épinglées pour fraude fiscale. Les institutions que sont la BEAC et l’UMAC, devraient donc jouer leurs rôles, en trouvant des solutions inclusives aux difficultés économiques, plutôt que de s’aligner sur des propositions contre productives.

Laissez votre commentaire