Malinga: pillage à ciel ouvert de l’or par des forces étrangères

Un village du sud du Gabon (illustration) © D.R

Selon plusieurs sources, les sites d’or du village de Nzinzi, situé à 11km de Malinga, dans le département de la Louetsi-Bibaka, dans la province de la Ngounié, serait victime d’une spoliation abusive orchestrée par orpailleurs venus de plusieurs pays de la sous-région. Un constat établi par plusieurs plaintes venant des ONG’s et des riverains de cette localité qui en ont plus qu’assez des intrusions des forces armées, venant des pays frontaliers.

Silence complice ou silence craintif, nul ne sait. Quelques jours auparavant déjà, le journal Le Mbandja, portait à la connaissance de tous, l’exploitation délictuelle par les  forces armées venues du Congo Brazzaville, de l’or de Youkou, dans le département de la Zadie (Ogooué-Ivindo). Informées, les autorités locales, par la voix du ministre de l’Intérieur, mis sous pression par les sénateurs, «avait mensongèrement démenti cette information, mais s’était bien gardé d’inviter les sénateurs et les journalistes à se rendre sur le site, pour vérifier si le journal avait menti ou dit la vérité», rapporte l’hebdomadaire.

Faute d’avoir dissuadé «ces voleurs d’or», d’autres se sont empressés de prendre en grippe le site d’or du village Nzinzi. Cette situation durerait déjà depuis plusieurs mois, selon Marc Ona, secrétaire exécutif de l’ONG de Brainforest. «Depuis bientôt trois mois, les forêts de Malinga ont été envahies par de ressortissants des pays voisins (Congo Brazzaville, Congo Kinshasa, Rwanda, Tchad et Cameroun) sous la barbe des autorités administratives de la localité», alerte-t-il.

À leur tour, ils dépouillent impunément le pays de son or, inquiétant ainsi les populations, qui craignent le retour de bâton de cette «ruée brutale vers l’or, des villages Nzinzi et Moukouagna», a ajouté Marc Ona Essangui.  

Apeurés, abasourdis et éreintés par les intrusions abusives, les populations de ce village, qui ne compte que 80 âmes, ont entamé des démarches auprès des organisations de la société civile (OSC). Gabon Media Time, a pu rentrer en contact avec l’un d’entre eux.

Ces derniers dénoncent non seulement l’utilisation de la violence contre les  villageois réfractaires et un poids deux mesures. «Les gabonais n’ont pas le droit d’exploiter cet or, mais à moins de 3 kilomètres de Ndzindi  il y’a plus de 600.000 personnes, retranchés dans un camp, entrées grâce à la complicité de la gendarmerie qui exploitent notre or en toute impunité et se permettent même de tuer des éléphants», a confié Casimir Ndengue, ressortissant dudit village.

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