Makokou: trafic de carburant entre la station Total et des revendeurs camerounais

Station service Total Makokou © GMT

Le constat est presque récurrent et général auprès des ogivins ou toute personne de passage dans la capitale provinciale de l’Ogooué Ivindo. La station-service Total Gabon de Makokou est constamment en manque de carburant. Pour plusieurs sources, et c’est connu de tous, ce sont des sujets camerounais qui ravitaillent la ville en gasoil et essence. Et, la plupart de temps, ce carburant qu’ils vendent chèrement proviendrait de la station Total.

On se souvient de l’accident mortel de Kango ayant consumé tous les passagers du bus qui assurait le transport Libreville-Makokou. La cause, selon certains, était liée au transport des bidons d’essence à l’arrière du véhicule. D’ailleurs une enquête avait été ouverte et les résultats n’ont toujours pas été rendus publics. Mais pourquoi ce véhicule transportait-il des bidons d’essence alors qu’une station-service existe à Makokou? Telle fut la question que de nombreuses personnes se posent, à moins que le sujet n’intéresse plus.

A Makokou, la station service Total installée non loin de l’aéroport, à quelques mètres de la résidence du Premier Ministre Emmanuel Issoze Ngondet, n’a presque jamais de carburant. Mais toute la ville se ravitaille chez des sujets camerounais. Cependant, on ne sait comment ces hommes, pour la plupart des mécaniciens, parviennent à obtenir le carburant qu’ils distribuent chèrement ni à quelle heure il est livré. Achèteraient-ils le carburant à la station qu’ils revendent à leurs prix ou il y aurait-il un deal entre les responsables de cette station et les camerounais?

«Ce n’est un secret pour personne. Allez faire l’expérience et vous comprendre par vous-mêmes. La station-totale est toujours ouverte mais ne sert que rarement ; c’est-à-dire deux jours dans la semaine, parce qu’elle n’a jamais de carburant. Cependant, il y aurait partout des sujets camerounais dans la ville qui alimentent toutes les voitures. Tout le monde sait que ces hommes ne reçoivent jamais des citernes chez eux, bien qu’ils soient pour la plupart des mécaniciens. Chez le plus connu dont le garage est situé au sein d’une ancienne station de l’autre côté du pont, le litre d’essence est à 825 et le gasoil à 575 Fcfa.  L’idée de se ravitailler pour revendre est fausse. La plus soutenable des hypothèses reste qu’il existe un gros trafic entre les agents, responsables de la station et ces gars. C’est ce que tout le monde sait ici», a confié Alexandre Jérémie Nanga.

Ce sujet qui ne semble attirer l’attention d’aucune autorité locale et gouvernementale alimente pourtant les débats à Makokou. Le transport du carburant par les routiers embarquant les hommes inquiète certains. «Les autorités n’en parlent pas parce qu’elles sont celles qui font également des gros prêts avec ou sans intérêts à certains responsables administratifs et politiques dans la ville», a déclaré Hanz N’nang.

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