Maître Moumbembé fait son come-back

Me Moumbembé en plaidoirie

Suspendu en 2015 par le conseil de l’ordre des avocats, puis par la Cour de cassation la même année, Maître Jean Claude Moumbembé a repris du service ce mardi 27 juin 2017. Vêtu de sa toge noire, l’homme a été aperçu dans la salle des pas perdus du palais de justice de Libreville, visiblement heureux de faire ce qu’il a toujours aimé faire : veiller au respect des droits des justiciables qu’il défend depuis toujours.

Considéré comme l’un des avocats les plus brillant du barreau gabonais, l’avocat a fait son retour devant les prétoires, mais aussi sur le plan médiatique en accordant un entretien exclusif à l’hebdomadaire La Loupe. Dans cette interview il revient longuement sur les raisons de sa suspension.

Pour lui, cette suspension est essentiellement due à la demande d’explication adressée au Bâtonnier, «j’ai demandé à mon grand-frère (…) de régler la question de l’incompatibilité entre son statut professionnel de fonctionnaire et celui d’avocat, outre sa qualité de propriétaire d’une pharmacie, parce que j’estimais que tous les avocats devaient être logés à la même enseigne»; a-t-il révélé.

Cette demande d’explication avait dès lors contribué à sa mise au banc des accusés devant le Conseil de l’ordre des avocats, qui avait pris en son encontre une série de mesure disciplinaires sans raison valable. Il relève d’ailleurs qu’«en l’espace de deux mois, notre Conseil de l’ordre m’a sanctionné trois fois pour des affaires qui ne tenaient pas la route mais toutes axées sur l’outrage soit au Bâtonnier, soit aux membres du Conseil de l’ordre, alors qu’aucun d’eux, individuellement n’avait porté plainte contre moi. J’ai été d’abord suspendu pour six mois, puis radié, ensuite suspendu d’office pour six mois, sanction exécutoire sur le champs, en dépit des du caractère suspensif à la fois du recours et du délai de recours».

Jetant un regard lucide sur l’état de déliquescence du système judiciaire gabonais, notamment avec les grèves à répétition des magistrats et des greffiers, Maître Moumbembé a souligné la nécessité d’offrir des conditions de travail décent aux membres du corps judiciaire, «les deux parties doivent s’asseoir, s’entendre et respecter chacune les engagements pris en commun accord pour le seul bien fonctionnement de l’appareil judiciaire. Un État sans une justice fiable est un Etat en agonie voué à la mort»; a-t-il indiqué.

Mais malgré ses suspensions, l’avocat se dit motivé de reprendre le combat pour le respect des droits des justiciables, «Je suis de retour et j’avais Dieu avec moi de façon cachée. Aujourd’hui, Telum, notre créateur est toujours  avec moi cette fois-ci de manière manifeste. Je reviens de loin»; a-t-il lancé.

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