Maître Mayila appelle les leaders gabonais à s’inspirer du modèle Kenyan

Maître Louis Gaston Mayila, initiateur de la Réconciliation Nationale © GMT

Le principe de la réconciliation nationale continue de faire son petit bout de chemin au sein de la classe politique gabonaise. Dans un entretien accordé à Gabon Media Time à sa résidence sise à Montagne Sainte, dans le 3ème arrondissement de Libreville, le principal promoteur de ce concepte, Maître Louis Gaston Mayila, a fait un bilan à mi-parcour de cet appel. Il a profité de cette occasion pour inviter les leaders politiques à s’inspirer de l’exemple kenyan afin d’arriver à un véritable apaisement dans le pays.

Le samedi 30 décembre 2017, plusieurs acteurs politiques et de la société civile en tête desquels le président de l’Union pour la nouvelle République (UPNR), Maître Louis Gaston Mayila, lançait un appel à la réconciliation nationale, après le constat de tensions nées de la dernière élection présidentielle. Ils justifiaient leur appel par la nécessité de briser «le mur de haine qui s’est érigé entre les gabonais» et qui laisse craindre le pire pour la stabilité du Gabon.

Faisant le bilan à mi-parcour de l’appel à la réconciliation nationale, l’ancien président du Conseil économique et sociale a souligné qu’il a, entre autres, lancé la caravane pour la réconciliation nationale et rencontré les leaders religieux. Avec ces derniers, il était question de donner à cet mouvement qui ne cesse de faire des adhérents un caractère pérenne. «Il y a eu beaucoup de leaders et non des moindres qui épousent cette idée de réconciliation. Le président Jean Boniface Assélé s’est déclaré favorable et encourage cette initiative. Avec le vice-président Casimir Oye Mba, nous avons ensemble et à nouveau lancé un appel pour que les gabonais se retrouvent. Dans quelques jours, nous aurons une autre rencontre avec des leaders insoupçonnés qui vont ajouter leurs voix à la nôtre pour dire qu’il n’y pas un autre moyen pour sortir de cette crise que la réconciliation nationale», a-t-il indiqué.

Il a relevé que la rencontre des deux protagonistes, en l’occurrence Jean Ping et Ali Bongo, n’était pas une condition absolue. Me Mayila demande a priori l’implication et l’appropriation de chaque composante de la Nation à cette idée qui permettra de sortir le pays de la situation de statu quo dans laquelle il est empêtré. Louis  Gaston Mayila n’a pas d’ailleurs manqué de parler de l’exemple kenyan qui, selon lui, devrait faire école au Gabon.

On se souvient que le président du Kenya Uhuru Kenyatta et son principale opposant Raïla Odinga, ont décidé d’enterrer la hache de guerre. Les deux hommes se sont rencontrés le vendredi 9 mars dernier au matin alors que Raïla Odinga ne reconnaissait pas la réélection du chef de l’Etat, s’étant autoproclamé président du peuple et que les tentatives de dialogue avaient toutes échoué. Les deux personnalités ont annoncé au terme de cette rencontre la fin de leurs divisions. Un cas qui, selon Me Louis Gaston Mayila, devrait interpeller la classe politique qui ne brille aujourd’hui que par «le jusqu’au-boutisme, l’arrogance et le mépris».

«Le cas kenyan me donne espoir, parce que ce qui est possible sous un même ciel, ce qui est possible dans un autre pays est possible au Gabon. On a souvent tendance à me demander: mais oui vous parlez de réconciliation, est ce que vous avez pris l’avis d’Ali Bongo? A ceux-là, je réponds qu’Ali Bongo est président de la République. Sinon, qui de nous, en prenant son petit déjeuner ce matin, a demandé l’avis d’Ali Bongo? Non! Nous l’avons fait parce que c’est nécessaire, tout comme la réconciliation est nécessaire. Nous ne pouvons pas comparer le Gabon à Ali Bongo ou à Jean Ping, il faut faire passer le pays avant toute chose», a souligné le leader de l’UPNR.

Abordant la question des violations des droits de l’homme observées durant le scrutin présidentielle de 2016, il a évoqué la nécessité de reconnaître ce qui a été fait, de rétablir les responsabilités de chacun dans cette crise, de reconnaître  leur mal et enfin instaurer une «journée nationale du pardon». A propos des morts du 31 août 2016 dernier, Me Mayila pense qur ceux-ci devraient désormais être honorés. «Ils ne sont plus les morts de quelqu’un. Ils ne sont plus les morts d’une famille. Ce sont les morts de la Nation, parce qu’ils sont morts pour une cause nationale, ils sont morts pour la démocratie», a-t-il martelé.

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