Maître Lubin Ntoutoume:  «Nous allons défendre le droit jusqu’au bout»

Maître Lubin Ntoutoume entouré des membres du Conseil de l'ordre des avocats © GMT

S’achemine-t-on vers un bras de fer entre d’une part l’actuel bâtonnier, le Conseil de l’ordre des avocats et de l’autre l’ancien bâtonnier, Jean Pierre Akumbu M’Olouna? C’est du moins ce que pourrait penser l’opinion au vue des événements récents du côté de la Maison de l’Avocat. Après l’annulation inexplicable de l’élection, Maître Lubin Ntoutoume et le Conseil de l’ordre ont indiqué lors d’un bref entretien avec la presse ce jeudi 7 juin,  qu’ils entendaient introduire un recours afin de contester cette décision qui viole les principes de droit.

C’est en marge d’une réunion du Conseil de l’ordre des avocats que le bâtonnier et les membres de cette institution ont tenu à réagir à l’annulation par le  Conseil d’Etat de l’élection qui s’est tenue fin mars dernier. Cette décision intervient à la suite d’une requête introduite par deux avocats, en l’occurrence Maîtres Jean Pierre Akumbu M’Olouna et Gilbert Erangah. Ces derniers contesteraient la qualité d’électeurs à plusieurs de leurs confrères, y compris Me Lubin Ntoutoume, pour défaut de cotisation. Des accusations balancées d’un revers de la main par les membres du Conseil.

Pour eux, cette requête souffrait déjà d’une anomalie.  Leurs confrères avaient saisi le premier président du Conseil d’Etat au lieu de l’institution elle-même. «Il était question de savoir si le premier président était compétent pour connaître de notre ordre professionnel, puisque la loi sur les avocats attribue ce contentieux d’ordre professionnel au Conseil d’Etat. Nous faisons la différence entre la compétence qui est exclusive au premier président et tout le monde le sait, ce sont les questions de référés ou les constats d’urgence, et la compétence réservée au Conseil d’Etat sur les élections des ordres professionnels», a précisé Maître Lubin Ntoutoume.

Autre fait incongru relevé par l’avocat, la non communication par la partie adverse de leurs argumentaires. «Nous nous rendons compte à la surprise générale que la juridiction du premier président du Conseil d’Etat a statué sans avoir donné la possibilité à nos avocats de se défendre sur ces questions, notamment la compétence d’abord mais aussi la communication des pièces (…) Il y a donc là une violation flagrante du principe du contradictoire», a-t-il martelé.

Par ailleurs, le bâtonnier et le Conseil de l’ordre s’interrogent sur la diligence avec laquelle le premier président a rendu sa décision et le caractère quelque peu étrange de la procédure. «Lorsque nous avons reçu ce recours, il parlait de l’annulation de l’élection du bâtonnier élu et des membres du Conseil de l’ordre, mais nous avons constaté que ce recours n’avait été notifié qu’au seul bâtonnier que je suis, et qui s’est défendu. Mais nul ne peut être jugé s’il n’a été appelé et entendu. Là aussi le principe du contradictoire a été violé», a-t-il poursuivi.  

«Nous sommes donc en train de réfléchir sur ce que le Conseil de l’ordre, qui représente l’ensemble des avocats du Barreau du Gabon doit faire face à cette situation. Nous allons attaquer cette décision parce que, ne pas l’attaquer c’est en être complice», a martelé le bâtonnier de l’ordre des avocats.

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