Lutte contre la corruption : vers l’amélioration de l’ordonnancement juridique

Encourager le législateur à intégrer les recommandations du rapport d’examen du Gabon sur la corruption, c’est le principal objectif de l’Office des Nations-Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) qui a délégué un émissaire  auprès des parlementaires.

La corruption est un mal qui gangrène de nombreux pays en Afrique en dépit des mesures préventives et répressives mises en place. Le Gabon n’en est pas exempt. Aussi, à travers  un examen qui s’est étendu sur deux ans, à savoir de 2015 à 2017,  l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime a examiné l’ordonnancement juridique national afin d’en apporter des améliorations.

C’est dans ce cadre que le conseiller anticorruption de l’ONUDC pour l’Afrique de l’ouest et l’Afrique centrale, Samuel De Jaegere a présenté, le 19 septembre 2017, aux sénateurs les recommandations du rapport d’examen du Gabon sur la corruption. Si l’expert des Nations-Unies a relevé que la législation gabonaise prévoit déjà beaucoup d’éléments pour permettre la lutte contre la corruption, il a tout de même souligné qu’il existe toujours des lacunes par rapport à la convention des Nations-Unies contre la corruption. « C’est justement ce rapport qui met en relief quelles sont aujourd’hui les dispositions qui sont absentes de la législation nationale » a-t-il dit tout en assurant qu’il doit également permettre aux législateurs d’avancer en matière de lutte contre la corruption au niveau de la loi gabonaise.

Entre autres lacunes,  l’expert a relevé  la réglementation de l’administration par les autorités compétentes des biens gelés, saisis ou confisqués ; la réglementation de la corruption dans le secteur privé ; la protection des témoins, experts et victimes ou des personnes qui communiquent des informations, ceux qui sont prêts à collaborer pour aller vers la détection finale de ceux qui sont mêlés aux affaires.  

Pour l’ONUDC les parlementaires jouent un rôle important en matière de la lutte contre la corruption au Gabon. En effet, c’est à eux que revient la responsabilité d’adopter les textes qui devront permettre une lutte contre la corruption qui soit plus efficace. « Par exemple si vous avez des institutions nationales en matière de lutte contre la corruption qui doivent être renforcées ou qui doivent être plus indépendantes c’est les législateurs qui peuvent le permettre à travers la loi », a assuré Samuel De Jaegere, qui a  ainsi mis la présidente du Sénat, Lucie Milebou Aubusson  et ses collègues  face à leurs responsabilités et ce, en présence du ministre des relations avec les Institutions constitutionnelles, Blaise Louembé et du président de la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite (CNLCEI), Dieudonné Odounga Awassi.

L’expertise de l’Office des Nations-Unies contre la drogue et le crime a déjà permis à huit pays en d’Afrique de l’Ouest d’adopter de nouvelles législations en matière de lutte contre la corruption. Ceux-ci ont donc enregistré des avancées notoires, à l’exemple du Burkina Faso.

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