Luc Bengone Nsi: «la décision de la Cour Constitutionnelle doit être nulle et de nul effet»

Luc Bengone Nsi, président du Morena © D.R

A peine rendue publique, la décision n°219/CCC du 14 novembre 2018 relative à la requête du Premier ministre tendant à l’interprétation des dispositions des articles 13 et 16 de la Constitution n’a pas laissé indifférent certains acteurs politiques. Réagissant à la position de la Cour, Luc Bengone Nsi, du Mouvement de redressement nationale (Morena), a dénoncé une « décision nulle et de nul effet » sur sa page Facebook.

« La décision de la Cour Constitutionnelle doit être nulle et de nul effet », écrit le leader du Morena qui a estimé que « la Cour n’a aucune compétence pour légiférer à la place du législateur et ne doit disposer d’aucun pouvoir  pour modifier la Constitution de la République».

Se lançant par la suite dans un exercice pédagogique, celui qui fut une des figures emblématiques de la Conférence nationale de 1990 a expliqué que « si la Constitution donne compétence au Président du Sénat d’assurer l’intérim du président de la République, c’est tout simplement, parce que  se trouvant à la tête d’une haute Institution de la Nation, il jouit d’une parfaite légitimité ».

Or poursuit-t-il «  le Vice-Président actuel qui n’a pas été élu en même temps et avec le Président de la République pour prétendre présider les Conseils de Ministres sans délégation expresse du Chef de l’Etat  ni même assurer son intérim à titre provisoire ou définitif ».

Luc Bengone Nsi qui reconnaît que les décisions de la Cour Constitutionnelle peuvent être sans recours et ne devraient donner lieu à aucun commentaire ni débat estime par ailleurs que « ce n’est pas lorsque cette Cour refuse de respecter la Constitution qu’elle est censée faire appliquer et respecter. Cette forme de décision va contre la loi fondamentale supposée garantir le vivre ensemble ».

Le membre fondateur et président du Morena n’a pas manqué d’exposer sur la place publique ce que semble désormais être la Cour Constitutionnelle. « Deviendrait-elle une supra institution au-dessus de la Constitution et qui nommerait  même les Présidents de la République ? Cette décision ne prouverait-elle pas que cette Cour empêcherait toute forme de démocratie au Gabon », a-t-il conclu.

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