Louis Gaston Mayila plaide pour la Réconciliation Nationale

Louis Gaston Mayila, président de l'UPNR © GMT

Après la conférence de presse qu’il animait conjointement avec certains leaders politiques de l’opposition le samedi 30 décembre dernier, Louis Gaston Mayila, président de l’Union pour la nouvelle République (UPNR), a décidé de s’exprimer une fois de plus sur la situation postélectorale de notre pays. Dans une lettre lyrique, cet ancien soutien de Jean Ping considère que l’élection présidentielle est désormais derrière nous et appelle à la réconciliation nationale afin de panser les blessures d’août 2016. Nous publions in extenso le plaidoyer du leader de l’opposition dite modéré.

Cher Mon Gabon, NE PLEURE PAS

Je t’écris de Paris, je suis ton fils, en te quittant, avec nostalgie, j’ai gardé une partie de toi dans mon cœur. Je suis venu ici faire des études, apprendre pour mieux te servir,  cher mon Gabon.
Je t’écris de Washington, de Pretoria, ou du Canada. Je suis ta fille, je suis venue ici faire des études, apprendre un métier me former, car ma place n’est plus au foyer, mais aux côtés de mes frères et j’ai à cœur de réussir, pour mériter de toi et des efforts et sacrifices que tu as consentis.

Cher mon Gabon, depuis, depuis que je suis ici, je n’ai plus de nom, je n’ai plus de prénom, je m’appelle DIASPORA, je suis maintenant Gabonais de l’ETRANGER ! MON DIEU ! DE L’ETRANGER ? Comment ça de l’étranger ?

J’ai lu dans le journal l’Union dont mon petit frère m’a envoyé un exemplaire, qu’au gouvernement il y a même un Ministre chargé des gabonais de l’étranger ! J’ai entendu parler des Sénégalais et des Maliens de l’étranger, ceux-là même qui envoient de l’argent dans leur pays. Ceux-là qui soutiennent leurs parents en détresse aux pays, mais les gabonais de l’étranger ce sont des étudiants ou des stagiaires.
Mon père, qui m’a prodigué des conseils, m’a laissé entendre que, en son temps les Gabonais ne s’expatriaient jamais, ils allaient faire des études ou faire des stages et revenaient toujours! Il n’y avait pas de Gabonais de l’étranger.
Ô TEMFORA ! Ô MORES !


Cher mon Gabon

Depuis que je suis gabonais de l’étranger, je me suis retrouvé au Trocadéro, avec les autres Gabonais de l’étranger !
Nous avons manifesté les gens ont parlé bien parlé, je t’assure, il y a même un avocat qui est venu de Libreville, il a tellement bien parlé que j’ai pleuré. Il a parlé de l’état du pays qui se meurt.
Il a parlé de morts, il a parlé des prisonniers !

Cher mon Gabon, ici il y a même un moyen de parler avec ceux qui sont restés chez nous, ceux qui ne sont pas des Gabonais de l’étranger pour prendre des nouvelles et leur en donner, on appelle ça la toile, les réseaux sociaux, et c’est comme ça que j’ai appris que je ne peux pas rentrer librement chez nous, je ne suis plus non seulement gabonais de l’étranger, Gabonais de la diaspora (sic) je suis maintenant exilé, car si je rentre on va m’arrêter et me mettre en prison, comme ceux qui ont été  pris, lors de la manifestation du rond-point de la démocratie !


Cher mon Gabon, te dire que j’ai, pleuré et que je pleure, c’est peu dire !
Des parents qui meurent je ne peux pas venir, ma vieille mère malade, je ne peux pas venir, les enfants qui ne peuvent pas aller à l’école impuissant, je ne peux pas venir. Il est même interdit de m’envoyer de l’argent ! Oui je dis bien interdit.

Cher mon Gabon

Cette lettre va être longue, c’est le seul moyen qui me reste pour te parler, tu es dans mon cœur, j’ai mal quand tu as mal, je souffre quand tu souffres, et tu souffres, je le sais, je le sens, je le vis.


Avec les réseaux sociaux, là avec la toile pour parler comme cet autre étudiant de mes amis, sur la toile, j’ai lu qu’il y a un fou là-bas qui s’appelle MAYILA, un vieux Sénile qui radote ce fou ose maintenant parler de réconciliation nationale ! kiakiakia Réconciliation ?
Avec toute la haine qu’il y a maintenant dans ce pays ? Avec toute la violence et des forces de sécurité et des manifestants qui s’affrontent à coups de cailloux et de gaz lacrymogène ? Avec les morts et les gens en prison, lui ose parler de quoi ?


De la réconciliation nationale, de paix, de dialogue, mais ce fou va d’erreur en erreur !
Il a parlé à cor et cris, de dialogue inclusif et sans tabou
Mais ce fou refuse de prendre part au dialogue organisé par le Président Jean PING quelle erreur !


Lui qui parle de dialogue, inclusif sans tabou, il a refusé d’aller au dialogue organisé par le Président Ali BONGO ONDIMBA ! Quelle erreur !
Quand j’ai lu la lettre de l’idiot du village, là je n’en pouvais plus moi, je l’ai appelé et franchement je lui ai dit ce que j’avais sur le cœur « mais vieux tu vas d’erreur en erreur ! Tu parles de fédération de partis politiques, tu parles de dialogue et tu refuses de prendre part aux dialogues qui sont organisés, tu perds le nord ou quoi ? C’est comment ? »
Sans sourciller, sans se démonter ce vieux m’a interrogé à son tour !
Des erreurs ? Quelles erreurs ?


Le dialogue ? Si c’est une erreur, alors c’est une erreur salutaire ! Le dialogue en politique, comme dans d’autres domaines, c’est la clé de tout. De la discussion jaillit la lumière !
Cette erreur je la revendique, je l’assume !
Vous parlez de mon refus de prendre part aux deux dialogues ! C’est vrai à mon avis c’étaient des monologues ; alors sans vouloir vexer qui que ce soit je n’ai pas voulu associer mon nom à aucune de ces assises. Si c’est une erreur, je la revendique, je l’assume !


Savez-vous que de certaines erreurs, sont nées de grandes choses ? Celui qui a découvert l’Amérique, croyait avoir découvert les indes ? C’était une erreur !
Rien que sur votre table, savez-vous que le champagne est le fruit d’une erreur ? En voulant faire du vin blanc, on a fait le champagne par erreur ! Mais quelle erreur pour nos palais !


Fou ? Oui peut être aux yeux de certains et des vôtres !
L’homme un jour a fait un rêve fou de voler comme un oiseau ! L’aviation est née, de l’idée de fabriquer un appareil volant, imitant l’oiseau naturel ! Les résultats sont là:
ICART, avec ses ailes sur le dos passait pour un fou, même si le soleil a fait fondre la cire, la folie a fait place au génie.


Quand un fou, dit tout haut quelque chose de difficile, ou qui parait insensé, on crie à la folie ! Mais quand il réussit, en surprenant tout le monde, il devient un génie !
Martin Luther KING a eu cette phrase qui nous interpelle tous. Cette phrase terrible.
« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir ensemble comme des idiots ». 

Moi je dis oui, la réconciliation est possible, soyons de NOMBREUX fous à y croire car à l’arrivée, nous serons tous des génies.


Le Gabon, est dans l’IMPASSE.


Quand on est dans l’impasse, il n’y a que trois solutions.
1) Battre en retraite, ce que je ne saurai envisager !
2) Foncer dans le MUR pour un passage en force ! Je ne le conseille Pas !
3) On prend de la hauteur ! Plus haut l’air est pur et la capacité de discernement est plus grande !


Appeler à LA RECONCILIATION NATIONALE c’est prendre de la hauteur, c’est anticiper sur ce qui va forcément arriver !


Alors cher mon Gabon ne pleure pas, tout espoir n’est pas perdu.

                                                                                                       Louis Gaston Mayila

Laissez votre commentaire