mercredi,23 septembre 2020
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Loi de finances rectificative : l’analyse lucide de Jean Valentin Leyama

Alors que plusieurs voix s’élèvent, y compris au sein du gouvernement, appelant à l’adoption d’une loi de finances rectificative en vue de s’adapter à la crise économique et financière exceptionnelle résultant de la pandémie du COVID-19, d’autres appellent à attendre. C’est le cas de Jean Valentin Leyama. L’ancien DirCab adjoint du président de la République qui a accordé à notre rédaction un entretien, a indiqué qu’il était « urgent d’attendre », et ne pas se précipiter dans cette crise qui s’annonce ardue pour bien des raisons. 

Dans un libre propos publié sur sa page facebook le 19 mars dernier, l’ancien premier ministre Raymond Ndong Sima en fin connaisseur de la situation économique aussi bien du pays que de la sous région, avait invité le gouvernement à « suspendre sans délai l’exécution de la loi de finances étant devenue caduque, (…) et d’initier au plus vite une loi rectificative compatible avec le désastre qui s’opère sous nos yeux ». Effectivement, au regard du contexte actuel, marqué par une chute de 50% des cours du Brent, il y a « péril en la demeure ». 

Néanmoins, dans un pays où « en temps normal, l’élaboration d’une loi de finances ordinaire nécessite au minimum six (6) mois, entre sa préparation, les arbitrages, l’adoption en conseil des ministres et le vote au parlement », Jean Valentin Leyama a invité à ne pas céder à la dictature de l’urgence. Mieux, en l’absence d’une relative stabilité conjoncturelle en particulier celle du marché pétrolier, l’ancien DirCab adjoint du président de la République souligne plutôt qu’il « est urgent d’attendre ! ». 

S’il est vrai, que le contexte actuel recommande d’agir avec la plus grande célérité pour limiter au maximum les retombées d’une crise économique sans précédent, il est tout aussi vrai que le même contexte nécessite clairvoyance et lucidité. Face à une hyper-volatilité des variables avec un cours du Brent en totale décrépitude, la confection d’une loi de finances apparaît aussi délicate que de prévoir l’avenir. De plus, comme nous l’a rappelé Jean Valentin Leyama, « notre pays pâtit de la pauvreté de son outil statistique ». En dépit de l’appui des bailleurs de fonds, « le Gabon n’a jamais honoré ses contreparties et garantit des ressources suffisantes pour le fonctionnement et l’alimentation du système d’informations statistiques ». Une situation qui aujourd’hui nous éclabousse tout en assombrissant nos perspectives.  


Loin d’offrir des garanties ne serait-ce qu’à court terme, le modèle économique gabonais dépourvu de marge de manoeuvre actuellement, du fait d’une opacité notoire caractérisée par une absence d’informations fiables, devra nécessairement être revu, afin que ce violent électrochoc, engage « durablement le pays vers un ajustement véritable qui comporte une réduction considérable du poids de l’Administration, des institutions, une véritable diversification de l’économie et un encouragement des talents créateurs ».

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Ladji Nze Diakitéhttp://www.gabonmediatime.com
Titulaire d'un Master en Audit, Contrôle de Gestion et aide à la Décision, passionné de journalisme, j'analyse au quotidien l'actulaité économique du Gabon et du continent Africain ainsi que l'actualité sportive.
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