Logements : Bruno Ben Moubamba a t-il les moyens de sa politique?

Le déficit en logement au Gabon demeure depuis des décennies un véritable noeud gordien pour les autorités gabonaises. Ainsi, on estime à 200 000 le besoin en logements des populations gabonaises. Nommé au poste de vice-Premier ministre chargé de l’Urbanisme, de l’Habitat social et du Logement le 2 octobre dernier, Bruno Ben Moubamba s’est donné le pari de répondre aux attentes des populations concernant ce sujet. Depuis plusieurs mois, il multiplie les rencontres avec des investisseurs pour réaliser, voir supplanter la promesse non tenue par Ali Bongo de construire 5 000 logements par an lors de son premier mandat.

Visite à l’étranger pour s’imprégner de la politique du logement

Dès sa prise de fonction en qualité de vice-Premier ministre en charge de l’Urbanisme, de l’Habitat social et du Logement, et pour avoir une idée claire de ce qui devait être envisagé pour résorber le déficit en logement dans le pays, Bruno Ben Moubamba s’est évertué à se rendre dans plusieurs pays pour s’imprégner de leur modèle en matière de politique du logement. Ces voyages l’ont conduit tour à tour à Singapour, en Angola, au Portugal, etc. Au cours de ces rencontres il s’est entretenu  avec plusieurs investisseurs afin de déterminer les possibilités d’investissement au Gabon. L’objectif était donc d’élaborer un plan de politique générale en matière de construction de logement, en vue de répondre aux attentes des gabonais dont la majorité vivent dans des habitations précaires.

De nombreux protocoles signés pour la réalisation de logement

Fruit de ces nombreuses rencontre, Bruno Ben Moubamba a scellé des contrats avec plusieurs investisseurs étrangers en vue de la construction des logements sociaux. On peut citer notamment le projet de construction de 5 000 logements à Essassa par la Société civile immobilière EDEN;  la Société Générale d’Ingénierie Moderne GIM BTP porteuse du projet de construction de 1000 logements dans la Zone de Ntoum, dénommé CITÉS DU KOMO; avec  le groupe portugais Omatapalo Somust il a paraphé un contrat pour la construction de 5000 logements par an dans la même ville.

Par ailleurs, le protocole d’accord le plus important signé par le vice-Premier ministre en charge de l’Urbanisme, de l’Habitat social et du Logement, Bruno Ben Moubamba est celui conclu récemment avec Le consortium chinois One Holding Group Limited  visant la construction de 200 mille logements sociaux dans plusieurs villes du pays. Ce gigantesque projet sera lancé dans deux mois, et s’étalera  sur quatre années. Il comprend également la construction et le développement d’une nouvelle ville à Panga dans la province de la Nyanga (sud du Gabon), où sera construit le port en eau profonde de Mayumba, mais aussi la construction d’une cité administrative et de deux cités universitaires, à l’université Omar Bongo de Libreville.

En outre, il a conclu un accord de construction de 10 000 logements qui  devra débuter à Libreville la semaine prochaine. De manière détaillée  il s’agit en fait de la réalisation de 6 500 logements à Okolassi, une localité située à 40 kilomètres de la capitale gabonaise, et de 3 500 logements dans les quartiers Angondjé (nord de la capitale) et Bikele (nord-est de Libreville). Ce dernier volet comprend aussi les travaux de finition des maisons dont les constructions ont été lancées sur ces deux sites.

Quid du financement et de la réalisation effective de l’ensemble de ces projets

En effectuant un calcul arithmétique, nous pouvons donc souligner que c’est donc près de 220 000 logements qui devraient être construit dans l’ensemble du pays et cela à moyen terme selon les prédictions du ministère. Toutefois, ces projets qui ne sont qu’au stade de promesses et de bonnes intentions selon l’opinion soulève la question essentielle du financement. Où le vice-Premier ministre en charge de l’Urbanisme, de l’Habitat social et du Logement, Bruno Ben Moubamba trouvera t-il les moyens pour mettre en oeuvre cette ambition? Ce dernier a récemment apporté des pistes de réponses.  En effet il a souligné que ce vaste programme s’appuiera sur une nouvelle approche, celle du Partenariat public privé (PPP) précisant que «ces accords n’impacteront jamais la dette publique de l’Etat et ne feront jamais appel à des garanties souveraines», car ils seront réalisés sur «fonds propres», sous le principe de partage de profit.

Des garantis qui malheureusement peine à convaincre l’opinion, qui se demande «si  Ali Bongo qui s’était engagé à faire construire 5 000 logements par an sur 7 ans, soit 35 000 logements entre 2009 et 2016 a échoué lamentablement»,  ce n’est pas la construction de 220 000 qui se fera aussi facilement. Au delà de la grave crise financière que traverse le pays et qui est d’ailleurs reprise  par le gouvernement pour ne pas respecter certains engagement, n’est pas pour rassurer sur l’effectivité de la mise en oeuvre de l’ensemble de ces projets. Mais sans polémique aucune, les gabonais attendent que le vice-Premier ministre chargé de l’Urbanisme, de l’Habitat social et du Logement, Bruno Ben Moubamba matérialise ses ambitions dans les faits.   

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