L’octroi de la bourse à tous les étudiants remis en cause par le DG de l’ANBG

Emmanuel Berre lors de la présentation du projet de réforme © D.R

L’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG), représentée par son nouveau Directeur général, Emmanuel Berre, s’est entretenu, le jeudi 7 décembre dernier avec le Premier Ministre, Chef du gouvernement Emmanuel Issoze Ngondet. Au menu de leur rencontre les réformes du système d’octroi des bourses en République gabonaise.

Emmanuel Berre a planté le décor par un constat accablant sur les modalités d’attribution des allocations d’études dans l’enseignement supérieur, conformément  au décret 404 PR/MENESTRSCJS de septembre 2012, qui veut que l’on octroi la bourse à tous les étudiants sans exclusive.

En effet, depuis 2012, tous les étudiants admis au Baccalauréat sont par la même occasion boursiers quelque soit la moyenne obtenue en classe ce qui n’était pas le cas avant. Une réforme qui a d’ailleurs suscité des débats aussi bien positifs que négatifs. Quand certains arguaient la déchéance du niveau scolaire, d’autres soulevaient la question des difficultés financières de l’étudiant.

Au regard du diagnostic sans complaisance établi sur le système actuel d’octroi des bourses, ses nombreux dysfonctionnements, ses coûts excessifs qui augmentent d’années en années, de nombreuses questions demeurent. Le nouveau DG s’est interrogé en interpellant les pouvoirs publics : «doit-on continuer sur cette lancée ? Pire, au regard du contexte économique actuel, la situation est-elle soutenable financièrement ? Faut-il réintroduire des critères spécifiques et rigoureux dans le processus d’attribution des allocations d’études ? Quelles solutions envisagées pour maintenir le droit à la bourse ? Comment modéliser le décret 404 pour l’adapter aux standards internationaux ? Et comment rendre notre système d’enseignement compétitif et performant ?»

Voilà autant de questions qui taraudent l’esprit des responsables de l’ANBG qui sollicitent l’intervention des pouvoirs publics au regard des cris d’orfraies qui viennent de partout et de l’accumulation des arriérés de paiement des différentes conventions. Cette rencontre intervient au moment de nombreux étudiants gabonais résidant en France peinent à joindre les deux bouts et pour cause l’Etat manque à ses obligations financières concernant le paiement des allocations du mois de novembre et décembre.

Après avoir rappelé que la consolidation des efforts d’éducation et de formation de la jeunesse gabonaise ne peut se faire qu’en maintenant indubitablement la paix civile et le principe de l’Égalité des chances accordée à tous et chacun dans le pays, Emmanuel Issoze Ngondet a précisé que « le contexte économique amène l’Etat à être regardant sur la dépense publique. » Et parmi les dépenses sociales, la bourse a bel et bien une place.

D’ailleurs, le gouvernement entend soumettre prochainement à l’examen cette profonde réflexion. Certainement dans l’optique d’abroger le décret 404, sur lequel se fondent les étudiants pour contester l’augmentation des frais de scolarité dans les universités et grandes écoles.

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