Locales 2018: La machine à écraser le manioc électoral de Marie Thérèse Vane

Ce mercredi 3 octobre 2018, la tête de liste du Parti démocratique gabonais (PDG) Marie-Thérèse Vane pour les élections locales de ce samedi 6 octobre, s’est d’une manière très particulière, donnée pour tâche de redorer son blason auprès de population du 1er arrondissement d’Akanda. La candidate qui brigue la mairie de cette jeune commune a en effet, fait don aux commerçantes du 1er campement d’une machine à écraser le manioc. A trois jours du scrutin de ces élections jumelées, le timing de dame Vane ne saurait tromper personne sur cette entourloupe à peine masquée.


A l’approche de l’échéance électorale, certaines personnalités ont fait de l’adage populaire, « tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute », un fondement politique. La volonté de faire luire, faire espérer, faire miroiter, etc., s’est substituée à la promotion des offres politiques nécessaires en campagne électorale.

Quand ce n’est pas la promesse opportuniste d’une route dont on ne reconnaît l’utilité qu’en période électorale, ce sont les chèques électoraux, des permis de conduire, ou la construction de ponts.  La candidate pdgiste est visiblement faite du même bois. Marie-Thérèse Vane alors tête de liste aux locales à Akanda,  s’est subitement rappelée des besoins en machine des commerçantes de sa circonscription en leur faisant un don d’appareils à écraser le manioc.

Au cours de son meeting de campagne du 3 octobre dernier, la tête de liste et ses colistiers ont profité de l’événement pour offrir aux commerçantes du marché du 1er campement d’Akanda lesdites machines. Quand on sait qu’une telle initiative est attendue depuis de nombreuses années, il est logique de se demander si la démarche serait un moyen d’acheter des consciences et par ricochet, de grappiller les voix des esprits les moins réfléchis.  

D’ailleurs, lors de son allocution de circonstance, la candidate à la députation de la circonscription n’a pas manqué de souligner qu’il s’agissait « juste d’une belle occasion de répondre à un besoin souvent exprimé par ces femmes ». Elle admet ainsi, implicitement avoir pris connaissance depuis un certain temps, des besoins de sa population dont elle est pourtant restée muette, avant de se servir du contexte électoral, pour satisfaire des demandes vieilles de plusieurs années. Sinon pourquoi répondre à ces demandes  à 3 jours du scrutin, si ce n’est pour faire pencher la balance en sa faveur?

Dans leur bon droit, les populations réclament aux politiques des actes concrets, pour elles, pour leurs circonscriptions et pour le pays. Ils ne demandent en aucun cas que des actes éphémères soient posés opportunément chaque fois qu’une élection se profile à l’horizon. Alors, quand la candidate du parti au pouvoir tente de justifier son action, ses mots sonnent creux car frappés du sceau de l’enfumage, «sachez que nous avons l’habitude de venir en aide à nos commerçantes, même quand nous ne sommes pas en campagne». Quelle injure pour l’intellect des électeurs dont elle brigue pourtant les suffrages.

On mesure la valeur d’un candidat par les actes qu’il pose et par la sincérité de son discours, Marie Thérèse Vane ne semble pas avoir ces principes pour assise. Pour preuve, elle s’est bornée à faire de son parti champion des projets éphémères, l’évidence du 1er arrondissement de la commune d’Akanda, « On opte pour la liste PDG avec mon visage. Regardez et retenezle bien.» a-t-elle suggéré.

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