L’ignominieux repli identitaire entre Fang et Kota à Makokou

La capitale de la province de l’Ogooué Ivindo dans l’Est du pays est enclin à une guerre ethnique entre Kota et Fang. Cette guerre qui oppose deux ethnies pourtant installés dans la même ville, affecte le développement sociopolitique et économique de Makokou.

Selon des sources concordantes originaires de cette province, cette situation remonte à des décennies. «Les kota n’ont jamais accepté d’être traités comme des sous-hommes par les fangs qui se disent supérieurs sur tous les plans. Ici, les fangs représentent l’opulence, la richesse, la réussite de la société alors que les kota sont coincés dans leur historique pauvreté, à l’image du sous-développement qui les caractérise.» ont-ils laissé comprendre.

Les deux grands groupes ethnolinguistiques vivent pourtant dans la même ville qui de plus est la capitale provinciale dans laquelle les uns et les autres occupent chacune des deux rives de l’Ivindo. Si du côté de ce qu’il nomme «quartier bakota» on peut à peine remarquer l’aéroport, la station totale notamment, du côté fang c’est toute l’administration gabonaise qui s’y trouve. Aussi, les bakota vivent dans des maisons en terre cuite et en planche alors que les fang dans des bâtisses en parpaing.

Un contraste qui dégoûte les visiteurs. Puisque que les uns et les autres ne se visitent presque pas. «Il est rare de voir une fille kota accepter de venir dormir du côté fang et inversement; nous dit un fonctionnaire affecté à Makokou. Ils ne se visitent que rarement. Et je vous dis que c’est pareil pour les intellectuels. Le moindre geste exécuté au quartier kota peut causer une grande bagarre pouvant entraîner à la mort. C’est vous dire qu’ici, il faut vivre autrement», conclut-il.

Une expression du repli identitaire entre Fang et Kota à Makokou qui devrait interpeller les autorités. Ce phénomène persiste malgré les années qui passe. Il affaiblie, il faut le dire, l’unité nationale. Les responsables politiques de la province, notamment,  Emmanuel Issoze Ngondet, premier ministre, chef du gouvernement et Alain Claude Bilié-By-Nze, ministre d’Etat, ministre de l’economie numérique, de la communication, de la culture et des arts, porte-parole du Gouvernement se doivent d’oeuvrer avec les populations pour ces guéguerres ignominieuses se dissipent.

© Crédit photos : Gaboneco

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