Libreville: Ossouka Raponda menace de «mettre hors d’état de nuire les commerçantes»

Rose Christiane Ossouka Raponda © GMT

C’est à une véritable déclaration de guerre contre les occupants de la voie publique que s’est livrée la mairesse de Libreville, Rose Christiane Ossouka Raponda en marge de la visite effectuée par le ministre des Infrastructures, Christian Magnagna sur l’axe PK 5-PK 12, pour se rendre compte de l’état d’avancement des travaux.

Il n’est un secret pour personne que l’exercice de l’activité de petits commerces à Libreville relève du parcours du combattant. Outre la difficulté rencontrée par les commerçantes d’avoir accès aux financements pour développer leurs activités, la question des espaces où exercer se pose avec acuité depuis plusieurs années. Cette situation peine à être résolue par l’autorité municipale qui depuis sa prise de fonction se complait simplement à récolter les taxes municipales.

Lors de la visite effectuée par le ministre en charge des Infrastructures, l’édile de Libreville a encore pu constater l’occupation de la voie par certaines commerçantes au niveau du marché Banane, faute de place à l’intérieur de cet édifice. Elle n’a d’ailleurs pas manqué de les sommer de se conformer à la loi au risque de se voir déguerpir par tous les moyens nécessaires. «Nous avons donné des instructions aux responsables des services municipaux, mais également aux maires d’arrondissements pour pouvoir mettre en demeure ces compatriotes qui sont dans l’incivisme. Force reste la loi», a-t-elle martelé.

Des menaces à peine voilées qui sonnent quelque peu fausses, alors que la responsabilité de ce désordre observé est le fait de la mairie qui n’assure pas ses missions d’aménagement et de construction des espaces commerciaux dans la capitale. Sur un budget de 27 milliards alloué à la ville de Libreville, aucune construction d’un espace commercial d’envergure n’a été enregistré ces dernières années.

Interrogée sur les contrôles et autres collectes des taxes auprès de ces supposées «commerçantes installés illégalement», Rose Christiane Ossouka Raponda a tenté de se dédouaner, estimant que c’était des faux agents, et que pour ceux des agents pris dans ces cas d’extorsions, des sanctions disciplinaires sont appliquées contre eux.

Concernant le prélèvement des taxes auprès des commerçants installés sur la voie publique, certains indiquent que cette situation est le fait de «la mairie qui perçoit leur argent sans se soucier de construire des marchés». «Ici au PK9, non seulement les agents de la mairie viennent percevoir les taxes, mais en plus les gendarmes nous font payer d’autres taxes. Donc nous estimons que nous ne pouvons pas bouger d’ici», a fustigé un opérateur économique après le passage de l’édile de Libreville.

Cette situation devrait interpeller le maire et son équipe sur sa responsabilité dans ce capharnaüm observé sur l’ensemble des artères de la capitale. Ainsi, au lieu de menacer de représaille des citoyens gabonais qui ne cherchent qu’à exercer tranquillement leur activité, il serait judicieux de construire des marchés.

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