mardi,17 mai 2022
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Libreville: insalubrité, insécurité, quand la mairie délaisse ses prérogatives pour enrichir ses responsables

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20 milliards de FCFA. C’est le montant consacré à la masse salariale de la commune de Libreville pour cet exercice 2021, une somme qui rappelle bien évidemment celle qui avait déjà suscité de vives réactions l’an dernier. Incompatible avec la situation quotidienne des Librevillois qui naviguent entre insalubrité, insécurité, absence d’éclairage ou encore chômage, cette somme reversée aux élus et autres personnels municipaux, souligne une nouvelle fois l’absence de cohérence et de volonté de l’édile de Libreville, de s’affranchir des codes de ces prédécesseurs.

Élu le 29 décembre dernier au cours d’une session extraordinaire du conseil municipal, en remplacement de Serge Williams Akassaga Okinda qui assurait l’intérim à la tête de la mairie de Libreville après la destitution de Léandre Nzue en septembre 2020, Eugène Mba, semble avoir hérité des bonnes vieilles habitudes de ses nombreux prédécesseurs. Et pour cause, le nouvel édile de Libreville, vient d’entériner le vote à une quasi-unanimité, du budget primitif de l’exercice 2021.

En effet, fixé à près de 27 milliards de FCFA dont une vingtaine pour la seule masse salariale, le budget de la mairie de Libreville, la plus importante du pays, notamment en termes de populations, semble bien plus orienté vers l’ostentatoire que vers l’efficacité. Il faut dire qu’en consacrant comme au cours de l’exercice précédent, près de 20 milliards de nos francs aux rémunérations, le nouveau maire de Libreville, s’inscrit trait pour trait, dans la logique de ses prédécesseurs.

Or, au regard des nombreuses difficultés que rencontrent au quotidien les populations de cette commune avec en première ligne une insalubrité criante, l’urgence était ailleurs. Cinquième adjoint au maire de Libreville depuis 2019, Eugène Mba présenté comme un banquier d’expérience, semble donc loin d’honorer cette qualité avec tout ce qu’elle suppose comme compétences au regard de ce budget qui ne consacre « que » 10% de son montant aux dépenses d’investissements. Des dépenses qui, du reste, sont jusque-là inefficaces.

Loin de ses missions d’urbanisme et de logement, de construction d’écoles et de fournitures d’équipements, de développement d’activités culturelles, et de maintien d’un niveau acceptable de santé et de sécurité, la Mairie de la commune de Libreville à l’image de celle d’Owendo, est donc loin des réalités de ses riverains. Plus « bête » que « belle », Libreville, ressemble de moins en moins à cette capitale que chantait Hilarion Nguéma.

Mondjo Mouega
Mondjo Mouegahttp://gabonmediatime.com
Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lencement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Directeur des Rédactions et Rédacteur en chef de GMTme
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