Libreville: Il décroche son baccalauréat à «sans famille»

Prison centrale de Libreville © D.R

Détenu depuis deux ans déjà à la prison centrale de Libreville, Darel Aldrich Loundou Madzombo, jeune Gabonais de 24 ans,  a décroché son baccalauréat après les épreuves du second tour, ce 21 juillet 2018. Une joie contrastée pour sa famille qui ne sait pas comment accueillir cette nouvelle.

Placé sous mandat de dépôt le 10 février 2016, pour des faits présumés de viol en bande organisée, Darel Aldrich Loundou Madzombo, a enfin décroché son Bac série B, après deux années d’échec, à la prison centrale de Libreville.

En effet, au moment de son arrestation, le jeune homme alors âgé de 22 ans, était inscrit en classe de terminal, où il attendait de passer les examens de fin d’année. Arrêté à mi-chemin de l’année académique, «il a passé ses épreuves, mais sans succès. L’année suivante également. C’est la session de juillet 2018 qui lui a apporté le bonheur. D’abord admissible, il a été déclaré reçu lors de la publication des résultats ce samedi», rapporte le site d’information Gabonactu.com. Ça aura été une année de dur labeur pour ce jeune détenu qui n’a eu de cesse d’insister pour décrocher son diplôme.

Les larmes et la voix chancelante d’Arlette Mangadi, sa mère, en disent long sur les difficultés rencontrées par la famille, et leur gratitude envers les personnels de prison qui ont été d’un grand soutien pour eux. «Quelques professeurs lui dispensaient les cours» a-t-elle révélé en larmes. Le jour J, le jeune homme s’est rendu à son centre d’examen escorté par des gardiens de prison, «il n’était pas menotté. Les gardes prisonniers n’étaient pas en tenue pour ne pas effrayer les autres candidats», a-t-elle poursuivi avec une pointe de reconnaissance.

Au bout du chemin, une victoire qui marque le cœur des siens d’une profonde tristesse. En commençant par sa mère, «J’ai les larmes aux yeux. C’est la joie, mais je suis triste, c’est dur à comprendre». Comme elle, la maison familiale au PK 11 a célébré la très bonne nouvelle dans la cour commune, dans une ambiance semblable à une veillée mortuaire. Une ambiance que l’on peut comprendre quand la famille continue de s’interroger sur les raisons réelles de l’arrestation de leur fils «Il est poursuivi pour viol en bande organisée sous la menace d’armes.  Pourquoi est-il le seul à être en prison ? Où sont les autres membres de la bande ?» s’est demandée la maman le coeur ravagé par la tristesse.

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