Libreville : 579 détenus graciés

Prison centrale de Libreville © D.R

Le vendredi 2 février 2018, la liesse de joie à la prison centrale de Libreville, communément appelée «Sans Famille» était insoutenable. Pour cause, 579 embastillés ont pu bénéficier d’une mesure de grâce présidentielle, sous le regard bienfaisant du gouverneur de l’Estuaire, Léonard Diderot Moutsinga Kebila.

Sur 579 bagnards, 377 ont reçu leurs certificats de libération. On y a identifié 310 gabonais et 67 étrangers. Se fondant sur un décret du 8 janvier 2018, le gouverneur de la province de l’Estuaire, présent lors de la cérémonie, en a profité pour  prodiguer quelques conseils aux nouveaux hommes libres. «Il me sied de vous exhorter à procéder à une totale remise en question de votre comportement au sein de la société. Une attitude matérialisée par le remboursement aux faits qui vous ont étés reprochés, au moment où le monde entier se mobilise pour la valorisation des droits de l’homme en milieu carcéral, c’est pour le Gabon une façon de démontrer son allongement et sa détermination à la matière tout en fixant le profil des bénéficiés», a indiqué Léonard Diderot Moutsinga Kebila.

Prenant la parole à son tour, Paul Motombi, directeur de la Prison centrale, n’a pas manqué, au nom des anciens détenus, de remercier le Chef de l’Etat pour cette mesure de grâce.  «Toutes les personnes que vous voyez devant vous expriment leur joie de recouvrir la liberté perdue à cause des mauvais actes commis. En ce jour de réjouissance, nous vous prions, s’il vous plait, de traduire toute notre reconnaissance à monsieur le président de la République», a-t-il ajouté.

Pris au mot, et conscients de cette chance supplémentaire qui leur est accordée, ceux qui appréhendent désormais de «manière olfactive» la liberté ont d’ores et déjà promis d’œuvrer âprement dans la réinsertion sociale. «Je vais continuer mon travail comme auparavant. J’étais chauffeur, je faisais Awendjé-12», a témoigné un ex-détenu visiblement ragaillardi par cette mesure salvatrice.



Toutefois, il convient de noter qu’il n’existe pas une véritable politique de réinsertion au Gabon. Il ne sera donc pas étonnant de voir dans les prochains jours, certains délictueux bénéficiaires de la grâce présidentielle repartir à nouveau à «Sans-Famille».

 

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