L’hommage au capitaine Ntchoréré à l’occasion de la commémoration de l’armistice du 8 mai 1945

Ce lundi 8 mai 2017 à Libreville, les éléments français au Gabon (EFG) ont célébré, l’armistice signé entre la France et l’Allemagne à Berlin pour mettre un terme à la Seconde Guerre mondiale, sous le signe de l’hommage aux victimes dont le capitaine Ntchoréré.

Cette cérémonie a débuté au mausolée du capitaine Ntchoréré situé au quartier Glass, dans le 4ème arrondissement de Libreville. Et s’est poursuivie au Camp de Gaulle. Le Général de Kersabiec, Commandant les Éléments Français au Gabon a rendu un vibrant hommage au capitaine Ntchoréré qui combattait aux côtés de la France et qui a succombé sous des balles de l’adversaire après avoir été écrasé par un char.

« Officier gabonais, capitaine à titre français, Charles N’Tchoréré sert en Afrique occidentale française au sein des troupes coloniales lorsque s’annonce la guerre de 1939. N’écoutant que son devoir, il réclame l’honneur de servir en métropole, au front, les armes à la main. Il est engagé dans la Somme et en dépit de sa conduite héroïque, voit sa compagnie réduite à 15 hommes et forcée de se rendre faute de munitions. C’est alors que faisant valoir son état d’officier français et s’insurgeant sur la séparation qui était faite des combattants selon qu’ils soient noirs ou blancs, il est lâchement abattu par l’ennemi avant que son corps ne soit broyé par un char. Sa carrière héroïque et sa mort tragique en font un symbole glorieux de l’engagement et du courage des 80 000 soldats africains combattants sur le sol métropolitain en ce début de Guerre mondiale. Ils préfigurent les quelques 500 000 soldats africains venus ensuite au secours de la mère patrie qui permirent qu’aujourd’hui nous célébrions la victoire sur la barbarie. Au-delà de ces camarades africains, c’est à tous les combattants de cette 2e Guerre mondiale qu’il faut rendre hommage pour leur courage, leur abnégation et leur amour désintéressé de la patrie », a-t-il rappelé.

L’ambassadeur de France au Gabon, Dominique Renaux, a pour sa part livré un message du gouvernement français, en l’occurrence du secrétaire d’Etat à la Défense en charge des anciens combattants. Une déclaration où là aussi un hommage a été rendu aux victimes.

« Aujourd’hui nous rendons un hommage à toutes les générations de la Seconde Guerre mondiale. Hommage aux combattants de 1940 dont les sacrifices permirent, lors des combats de rester dans les mémoires comme en Norvège, à Montcornet ou à Chasselay, de ralentir l’avancée de l’armée allemande au Printemps 1940. Beaucoup d’entre eux laissèrent leur vie lors de la bataille de France et firent honneur à nos armées. Hommage à toutes ces femmes et tous ces hommes français ou venus du monde entier, issus de toutes les origines et toutes les cultures qui conjuguèrent leurs efforts pour libérer le territoire national et faire triompher le fraternité(…) Souvenons-nous des milliers de victimes civiles, hommes, femmes, et enfants qui subirent les représailles et bombardements », a-t-il dit.

Et de conclure que « nous mesurons l’étendue de la responsabilité que nous avons reçue en héritage et la nécessité impérieuse de la préserver pour que le désastre que fut la Seconde Guerre mondiale ne se reproduise plus ».

Outre la présence de la communauté française au Gabon et les diplomates accrédités en République gabonaise, le gouvernement gabonais était représenté par le Vice amiral d’escadre Mally, secrétaire général à la Défense Nationale.

Le 8 mai 1945 est le jour où cessent les combats de la Seconde Guerre mondiale en Europe, au lendemain de la capitulation allemande. Celle-ci intervient dans la nuit du 6 au 7 mai.

Capitulation sans condition, elle est signée à Reims, où se trouve le quartier général des forces Alliées, par le général Alfred Jodl, le chef d’état-major de la Wehrmacht.

L’Allemagne nazie a perdu sa tête quelques jours plus tôt : le 30 avril, Adolf Hitler s’est suicidé dans son bunker, à Berlin. A partir de l’automne 1942, les Alliés avaient pris l’avantage sur l’Allemagne et depuis février 1945, le pays était envahi à la fois par l’Est et par l’Ouest.

L’acte de capitulation fixe la cessation des hostilités au 8 mai à 23h01.

La Seconde Guerre mondiale ne se termine réellement que quatre mois plus tard, avec la capitulation du Japon le 2 septembre 1945. Elle a coûté la vie à 40 à 50 millions de personnes.

Avec AGP

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